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| Ukraine Dans ce numéro un dossier consacré à MaxCwik, Juif Ukrainien, né à Proskourov et réfugié en Lot-et-Garonne où il devient médecin à Sainte-Livrade-sur-Lot Résumé - Dans les derniers jours de l'année 1941, les gendarmes du département du Lot-et-Garonne reçoivent une mission spéciale. Ils sont chargés par le préfet de notifier à une douzaine de médecins implantés dans les grandes et petites communes de notre région, les dispositions des lois anti-juives du 16 août 1940 et du 2 juin 1941. Les gendarmes se présentent dans quatre cabinets de Villeneuve-sur-Lot, deux d'Agen, ainsi que dans le communes de Marmande, Sainte Livrade, Mézin, Moncrabeau, Port-Sainte-Marie, Houeillès et Tournon d'Agenais. Le régime du Maréchal Pétain, pressé par les Allemands, a décidé, en effet, de mettre à exécution une réglementation, jusque là timidement appliquée, celle qui vise à exclure les étrangers et les Juifs des professions libérales. Durant le printemps 1941, les conseils de l'ordre départementaux des médecins, ont établi les listes de ceux qu'il fallait interdire d'exercer. Les cas d'interdiction sont multiples. Comment ces listes avaient-elles été établies, sachant qu'avant l'instauration de l'état racial de Vichy, l'appartenance religieuse, tant des Français, que des étrangers vivant dans notre pays, n'apparaissait sur aucun document? On peut présumer que certains de ces médecins, s'étaient dévoilés, en se "déclarant" comme Israélites, dans les préfectures. (loi du 14 juin 1941) Mais la plupart d'entre eux n'avait certainement pas déféré à cette contrainte. Soit parce qu'ayant rompu tout lien avec leur religion et leur communauté d'origine. Soit enfin parce qu'ils jugeaient cette loi inique. La liste fut très certainement établie sur des dénonciations, des présomptions et un intense travail bureaucratique de recherche. L'interdiction d'exercer pouvait, certes, être assortie de dérogations. Un seul médecin, en bénéficiait pour le moment. Il s'agissait d'un ancien combattant médaillé et invalide de la guerre de 14. Un second médecin fit faux bond aux gendarmes qui trouvèrent porte close - et pour cause - il était prisonnier de guerre en Allemagne. Le sort, que d'abord, la seconde guerre mondiale, puis l'occupation, et enfin la libération a réservé à ces médecins d'origine juive, ou proclamés tels par la loi, nous est mal connu faute de témoignages. De quels pays étaient-ils originaires? Où? Dans quelle université avaient-ils obtenu leurs diplômes? Ont-ils pu se soustraire aux persécutions, aux rafles? Ont-ils survécu à ces années terribles? Le hasard a fait que la famille d'un d'entre eux, récemment décédé à l'âge de 91 ans accepte d'ouvrir et de communiquer à ANCRAGE ses archives. Au travers du destin individuel que les documents qui vont être présentés jalonnent et certifient, apparaît un autre destin, un destin collectif, celui des peuples de l'Europe et, plus singulièrement, celui de notre pays. Mais, et cela nous interpelle, nous, Gascons de vieille souche ou de fraîche date, cette histoire éclaire aussi l'histoire de notre département, du villeneuvois et du livradais. A découvrir aussi dans ce numéro Sur un air de Fado Bernadette Ferreira signe un premier roman sans concession où le combat personnel emprunte les routes semées d'embûches de l'immigration Armando Bergallo : un artiste sans frontières Armando Bergallo est un artiste né en Uruguay mais qui a puisé son énergie créatrice dans tous les pays et toutes les régions traversés dont le Lot-et-Garonne. Son ancrage c’est le monde. Voici l’histoire d’un métissage culturel qui repousse à l’infini les frontières de l’art… |
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