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Au sommaire de ce numéro Un cœur sur les deux rives Yamina Gourbi Tamazount, 68 ans, vit aujourd’hui à Bias où elle a échoué avec sa famille il y a 45 ans. Elle a renoué avec son pays natal l’Algérie en 1975 où elle se rend régulièrement « Français à Fumel, Marocain à Oujda » International marocain de rugby, Smail Moumen a porté les couleurs de Fumel-Libos en France et d’Oujda dans son pays natal. Joueur respecté par la majorité de ses partenaires et du public, il a du aussi affronter les comportements racistes sur les terrains de France. « Ce petit truc qui reste » Interview de Zorha Tamazount-Jammes « Pujols, C’était l’Algérie » ! - Vous êtes âgée d’un an à votre arrivée en France. À quel moment et comment prenez-vous conscience de la situation de votre famille ? - J’ai pris conscience qu’il y avait un problème quand les résidants du camp avaient peur de sortir à cause des immigrés de l’extérieur. Ils considéraient les immigrés comme des personnes dangereuses. À l’époque les harkis vivaient repliés sur eux-mêmes. Les mariages, par exemple, se faisaient entre eux. Enfant, je ne maîtrisais pas très bien l’arabe. Mais je comprenais ce qui revenait souvent sur leurs lèvres. C’était « planquons-nous planquons-nous » quand ils voyaient un immigré. Les harkis avaient très peur de l’extérieur. À l’intérieur, la tension était perceptible. Mais en même temps le camp les sécurisait vis-à-vis des étrangers algériens qui résidaient en France.
- Mais vous personnellement, à quel moment entendez-vous parler de l’Algérie pour la première fois ? Vous êtes en France, enfant, à Bias dans un ex-camp de l’Armée de l’Air. Comment se bâtit votre identité ? - À l’âge de 14 ans, je me demande qui je suis. Je ne sais pas qui je suis. - Quelles questions vous posez-vous à cette époque ? - Qui suis-je ? Quelles sont mes origines ? -Discutez-vous avec votre père ? - Non . Jamais. - Vous ne lui posez pas de questions ? - Jamais. - Mais pourquoi ? - Chez moi, nous avions de l’argent. On vivait comme n’importe quel Européen. Mon père nous achetait des vélos. En fait j’ai pris conscience qu’il y avait problème avec les Anciens Combattants… Brahim, l’orphelin de Jemmapes Brahim Lecheheb n’a pas connu son père Belkacem mort en 1945 à son retour de la seconde guerre mondiale. Sa mère a disparu, brûlé vive dans une expédition punitive de l’armée française quand il avait 14 ans. Aujourd’hui retraité, cet harki père de deux enfants, construit une patiente réconciliation avec son pays natal Rugby sans frontière Daniel Dubroca Serge Simon Enfant d’une union italo-niçoise, champion de France de rugby avec Bègles puis le Stade Français, international français, il est consultant du conseil régional d’Aquitaine pour la coupe du monde à Bordeaux et de télévision et de radio pour la durée de la compétition
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