AU SOMMAIRE DE CE NUMÉRO


Editorial

Distribution des prix

Il ne s 'écoule pas de semaine que les quotidiens parisiens et régionaux ne remuent
le couteau dans les plaies de détresses criardes, de désespoirs sans rémission,
de dénuements et d'errances au bout de la vie. D'histoires de destins
tragiques devenues banales. De récits d'étrangers reconduits aux frontières, desans-papiers parqués dans des centres de rétention dans l'attente de vols du
sans-retour, de familles écartelées pour l'expulsion d'un père, d'une mère ou
d'un adolescent dès qu'il franchit le cap des dix-huit ans.
Dans ce contexte qui n'ajoute ni à l'honneur ni à la gloire de la patrie des droitsde l'homme, Brice Hortefeux, ministre de l'immigration, de l'intégration, del'identité nationale et du codéveloppement, au garde à vous de l'Elysée le doigtsur la couture du pantalon, a remis en juillet dernier le prix de l'Intégration et duCodéveloppement créé par son ministère à quatorze récipiendaires. Une première
à laisser pantois le plus crédule des thuriféraires du régime.
Ce label d'excellence distingue « des personnes physiques ayant accompli unparcours personnel d'intégration ayant une valeur d'exemplarité (…)et à despersonnes physiques ou morales qui se sont illustrées pour favoriser des parcours
d'intégration de personnes étrangères ou issues de l'immigration ». (1)
Dans le même temps, il n'est pas question de revenir sur les quotas de vingt-
cinq mille reconduites à la frontière annuelles que le même ministère s'est fixés
pour répondre aux desiderata du locataire élyséen. Avec, en prime, des acrobaties
sémantiques sur le terme que le ministère a, vraisemblablement, le soucide jeter aux oubliettes. Mais à Paris comme ailleurs, partout en province, les ordonnances
du pouvoir ne font qu'entretenir ou aggraver les cicatrices. Un peupartout, des travailleurs sans-papiers manifestent pour obtenir la régularisationde situations intenables. Les évacuations de camps roms se multiplient commedans des pays européens voisins.
Et les associations qui oeuvrent en faveur des déracinés ballottés dans un
océan d'incompréhension, d'humiliations, de brimades et de mépris, ne sontpas en odeur de sainteté auprès des fonctionnaires zélés du ministère précité.


En point de mire notamment, la Cimade (2), seule association mandatée à l'intérieur
des centres de rétention, SOS Soutien aux sans-papiers qui a manifestédébut août devant le centre de rétention du Mesnil-Amelot perturbé par deuxamorces de feu et contre laquelle le ministère envisageait de porter plainte pour
« propos incendiaires », tandis que le dénommé Frédéric Lefèbvre, porte-parolede l'UMP montre RESF (3) du doigt (4).
Comment en de telles circonstances et pareil climat, ne pas qualifier « d'abacadabrantesque
», substantif chiraquien en vogue ces derniers temps, la distribution
des prix de juillet ? Ne renvoie-t-elle pas à l'exception du « bon nègre » quiau temps des trafic fructueux pour les ports de Bordeaux et de Nantes, exonérait
–du moins le croyaient t'ils- les acteurs d'un commerce avilissant et les maîtres
tout puissants et blancs de peau de culpabilité malgré les traitementsinfligés aux cargaisons d'esclaves ?
S'il n'existait dans ce pays, et en Lot-et Garonne entre autres, des hommes dela trempe de Jacques Van Heems, 87 ans, grands-parents hollandais, installésà Roubaix, en des temps où les Pays-Bas « n' avaient plus besoin de tisserands
», parents forgés à l'ordinaire des corons, ce serait à désespérer de laFrance.

Ce professeur de physique de l'Université de Lille, s'est mobilisé, à 18 ans,
pour les combats de la Cimade. L'âge de la retraite venu, il a mis le cap auSud-Ouest et a jeté l'ancre à Villeneuve-sur-Lot. Après le décès de son épouse,
il a, en 2001, repris du service et relancé le Comité, rejoint peu après par deuxjeunes militaires.
Pourquoi se rengager à l'automne de la vie ? « Parce que je trouve qu'il n'y aaucune raison de considérer qu'il y a des étrangers sur cette terre » (4).
L'exemple ne vaut il pas toutes les distribution des prix du ministère-boutefeu ?

Jean-François Mézergues

(1)Voir Libération du jeudi 21 août 2008

(2) Cimade :Comité intermouvements auprès de évacués, association protestante.
(3) RESF :Réseau d'éducation sans frontières.
(4) Voir « Le canard enchaïné »du 20 naoût 2008
(5) Sud 0uest (édition du Lot-et-Garonne) de lundi 18 août 2008

Grande-Bretagne-Lacapelle Biron

John Killingley, le Latin d'outre-Manche

Natif de Coventry mère galloise, Johnatan Killingley vit dans le Haut Agenaisdepuis 2004. Entraîneur de rugby, humaniste et épicurien, il est le plus « latin »
des ressortissants du Royaume Uni

Paulhiac

Un conseil municipal européen

Au siècle dernier Paulhiac est passé de 800 à 200 habitants. Toutefois, depuis
une quinzaine d'années, la commune rurale se repeuple grâce notamment auxétrangers européens qui représentent aujourd'hui 15% de la population

Ressortissants européens

Ni maire ni adjoint

Les conditions d'éligibilité des ressortissants européens ont été établies le 1ernovembre 1993 à la signature du traité de Maastricht. (1)
Ces derniers « peuvent voter ou être élus s'ils ont leur domicile réel ou une résidence
continue en France et s'ils sont inscrits sur la liste électorale complémentaire.
» (Une pour les élections municipales, et une pour les électionseuropéennes.)
Électeurs ou élus, tous ont les mêmes droits et devoirs que les nationaux pourles municipales et les européennes. Quelques nuances cependant : Les ressortissants
ne peuvent être ni maire ni adjoints et n'ont pas le droit de vote pour lesautres scrutins. D'autre part, les ressortissants doivent être âgés de 18 anspour voter et 23 ans pour être candidats. Ils ne peuvent être candidat sur uneliste européenne s'ils le sont déjà dans leur État d'origine.

(1) article 8B du traité

Paulhiac

« le mélange a du bon »

Colette Van Thuil, 39 ans, est de nationalité hollandaise. Elle a été élue conseillère
municipale de Paulhiac à deux reprises

Sainte-Livrade-sur-Lot

« on ne regarde pas les origines des gens »

Comment vit-on la diversité de sa commune lorsqu'on est maire d'une des villes
les plus métissée de la région ? Réponse de Claire Pasut

Yamina Kichi ,”du pays d'ici et de là-bas”

Elle ne siège pas au conseil municipal. Elle n'en a pas moins marqué les élections
du printemps dernier. Pour la première fois dans l'histoire de Sainte-Livrade,
cité généreusement métissée de 6000 âmes, une livradaise bien de cheznous, comme elle dit, Algérienne d'origine et fille de harki a conduit une liste, «
Sainte-Livrade autrement ».

Le 25e festival de cinéma “d'ici et d'ailleurs” se
déroule à Sainte-Livrade du 25 novembre au 3 décembre
2008 au cinéma l'Utopie. Parmi les paysinvités, le Burkina Faso. Un dossier à découvrirdans la revue Ancrage.
Toute l'actualité du festival sur www.lutopie.org


Burkina Faso-Haut Agenais

La boutique africaine de Bintou

Au Macumba, boutique africaine de Monflanquin (Haut Agenais), Bintou Souris-
seau, native de Ouagadougou, vit son cinquième été avec pignon sur rue enLot-et-Garonne

Le “Pays des hommes intègres”

Ancienne Haute-Volta, répubique membre de la communauté franco- Africaineayant accédé à l'indépendance en 1960, la république démocratique et populaire
du Burkina Faso, « Pays des hommes intègres », est née du putsch militaire
de 1983 orchestré par le capitaine Thomas Sankara, tué en octobre 1987,
lors du coup d'Etat auquel participait son compagnon d'armes Blaise Compaoré,
au pouvoir depuis.
Pays de 275.OOO Km 2 n'ayant pas accès à la mer, il est entouré par le Mali
au nord, le Niger à l'est, le Bénin au sud-est, le Togo et le Ghana au sud, la
Côte d'Ivoire au sud-ouest. On y recençait 13.902.992 habitants en 2.OO6 dont1.1OO.000 à Ouagadougou, la capitale située au centre du pays.
Le français est la langue officielle et il existe soixante langues et dialectes(moré,samo, fulfuldé, , dagara, etc…)
Les données duCIA World Factbook de 2008 indiquent que l'islam est la religiondominante (50%), les religions chrétiennes étant pratiquées par 10% dans unecontrée où 40% de la population sont animistes.
Dans cette région aride, l'agriculture représente 32% du produit intérieur brut etemploie 80% de la population –premier producteur de coton en Afrique avec

700.000 tonnes en 2006- Autres productions:sorgho, mil, maïs, arachides, riz.
Un tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.Le chomage génère
une émigration importante; trois millions de Burkinabés vivent en Côte
d'Ivoire.
Une ligne de chemin de fer relie Ouagadougou à Abidjan via Bobo Dioulasso.

La « Gazelle du désert » sillonne les 1252 kilomètres du trajet à cinquante kilomètres
à l'heure. Trente trois aéroports dont deux équipés d'une piste goudronnée
desservent le pays.
Le Burkina est membre de l'Union africaine (UA)et de la communauté économique
des Etats de l'Afrique de l'ouest'(CEDEAO). Depuis janvier 2008, il estmembre non permanent (pour deux ans)du conseil de sécurité des Nationsunies

“Pourquoi j'ai eu envie de filmer” PAR MATTHIEU SAMEL


Matthieu Samel , réalisateur, co-fondateur du festival de cinéma d'Ici et
d'Ailleurs avec Alain Delprat directeur de l'Utopie cinéma

Photo Ancrage


Trois questions à Bouchera Azzouz,

Secrétaire générale de Ni Putes Ni Soumises.

« La voix des femmes »

À l'occasion de la Conférence Internationale organisée le 1er juillet à Paris, lemouvement Ni Putes Ni Soumises, en partenariat avec l'association italienne
Filo Di Perle, initie un grand réseau des associations de femmes sur le bassinméditerranéen. Les explications de Bouchera Azzouz, Secrétaire générale deNi Putes Ni Soumises.

-Qu'est ce qu'un grand réseau des associations des femmes ?
-C'est un grand réseau qui fédère l'ensemble des associations en Europe ouailleurs luttant pour l'émancipation de la femme dans le cadre de la laïcité et au-
delà de toute contingence politique. Il permet l'élaboration d'initiatives communes
autour d'un projet et la multiplication des rencontres. Mais il vise avanttout à faire entendre la parole des femmes des deux côtés de la Méditerranéeégalement marqués par une culture du patriarcat. Ce séminaire marque ledébut d'un processus. À terme, le réseau vise à l'élaboration d'une Civilisation
des femmes, mariage entre les différentes associations, et à l'écriture d'un Manifeste.
-Pourquoi est-il constitué ?
-Ce grand réseau est né du développement en Europe de diverses associations
travaillant de manière parallèle à Ni Putes Ni Soumises.Toutes ont encommun un discours fondé sur la laïcité, terrain à partir duquel se construit unespace où chacun a la liberté d'être ce qu'il est.
S'il existe des comités Ni putes Ni Soumises en Suède, Belgique, Espagne,
d'autres associations travaillent sur le terrain dans la même perspective. Le réseau
est donc né de la volonté de s'appuyer sur un tissu associatif existant etde permettre une plus grande lisibilité à de petites associations. D'autant plus

que Ni Putes Ni Soumises, reconnue comme O.N.G a acquis un poids médiatique
et un statut consultatif auprès de l'O.N.U.
Il importe de fédérer toutes les forces pour faire bouger les mentalités, surtoutdans une Europe à géométrie variable. Le réseau nous permettra de peser auniveau mondial.

-Comment fonctionne-t-il ?
-Nous multiplions les rencontres, organisons des échanges, faisons travaillerensemble filles et garçons, Français et étrangers autour d'un projet. Ainsi nousavons mené une action autour de la question de la scolarité des femmes auMaroc qui a débouché sur la création d'une bibliothèque. Ce projet menéconjointement avec une association marocaine a été l'occasion de faire participer
de jeunes français à un voyage citoyen. De même nous échangeons avecla revue « Filo di Perle » basée à Naples. Chaque membre du réseau considèrele féminisme comme un discours universel transcendant tout relativisme culturel.
Or, si chacun adhère formellement aux principes de l'O.N.U, ceux-ci ne sont
pas toujours respectés au Nord comme au Sud.
Propos recueillis par Félia Combres

CIMADE

L 'empêcheuse d'évacuer en rond

La Cimade ( Comité intermouvements auprès des évacués) est très crédibleface aux pouvoirs publics. Elle est respectée car efficace. Jacques Van Heemsresponsable Lot-et-Garonnais explique comment et pourquoi.

-Prenez connaisance de l'interview de Maité Uruela dans la
revue ANCRAGE

TRIBUNES

L'année de tous les dangers

TEXTE AU NOM DES ASSOCIATIONS MEMBRES DU RESEAU RAHMI

Face aux décisions drastiques graves prises à l'encontre de l'ex-F.A.S.I.L.D. —
littéralement masqué sous le pseudonyme d'A.C.S.E. et appelé à disparaîtrecette année 2008, année de tous les dangers — nous, représentant les associations
du RAHMI, nous ne serons ni muets, ni mutiques, ni résignés, ni complices
d'un véritable démantèlement de cet outil social public, créé dans lesannées 1950 avec l'argent des travailleurs immigrés déplacés de leur paysd'origine par le patronat français.
Au cours des années 1980, le F.A.S. (devenu le F.A.S.I.L.D.) a exprimé clairement
l'engagement, la responsabilité de l'Etat sur sa volonté de cohésion sociale
et d'égalité de droits pour toutes et tous, quels que soient leur nationalité,
leur couleur de peau, leur origine géographique, sociale, leur sexe, leur lieu derésidence, leur histoire de vie, leurs parcours migratoires.
Cette orientation inédite n'a pu se mettre en oeuvre qu'avec une dynamique réciproque
entre les services de l'ex-F.A.S.I.L.D. et les associations de proximité
sur tout le territoire français.
Depuis plus de vingt ans, cette construction collective solidaire du « vivre ensemble
» entre partenaires, acteurs de terrain et services de l'état, marque encore
aujourd'hui haut et fort l'expression démocratique d'un engagementcitoyen lucide et critique afin de sortir des pièges de l'Histoire (avec un grandH), de notre histoire, et d'autre part d'une volonté affichée de l'état pour un devenir
commun égalitaire sur tous les territoires de la république française.
Nous, associations, ne pouvons pas accepter cette rupture radicale et d'orientation
actuelle qui cible directement tous les projets associatifs et les emplois associatifs,
où compétences professionnelles se conjuguent toujours avecengagement citoyen et militant.
Déjà, nous savons que l'année 2006 a préfiguré la disparition d'un certain nombre
de soutiens budgétaires aux associations actrices, initiatrices, indépendantes,
véritables leviers du pacte républicain.
En Aquitaine, de 285 associations partenaires en 2006, nous sommes passées


à 262 en 2007. qu'en sera-t-il en 2008 ?
Nos priorités sont les mêmes, à savoir l'accès aux droits, à tous les droits fondamentaux
: droit au travail, droit au séjour, droit au logement, à l'éducation, à
la culture, à la santé, promotion des personnes, égalité des personnes et enfin
droit à l'émancipation des femmes et des hommes sans discrimination.
« Le Penser, le Dire et le Faire », c'est notre utopie réaliste, concrète, en mouvement.
C'est notre choix qui aujourd'hui résonne comme une fin de non recevoir
pour nous tous.
Le « mur de la honte » s'est dressé, d'abord ici, tout autour de nous, option policière
sécuritaire avant tout, nous n'en serons pas complices.
Comme Victor Hugo écrivait et clamait : « je préfère la conscience à la consigne
».
C'est ce que nous signifions aujourd'hui haut et fort.
Voilà, pour la Maison des Femmes du grand sud,
A bon entendeur, salut !


Thérèse, Maison des Femmes du Hédas.

Il faut sauver les Archives de France

Appel à l'initiative de l'intersyndicale CFDT - CFTC - CGT des Archives de
France

Les archives, traces essentielles de notre mémoire individuelle et collective,
sont la source première de ceux qui écrivent l'histoire, généalogistes ou historiens.
Ce sont aussi des preuves dont ont besoin les citoyens car les archivesjustifient et garantissent des droits (nationalité, état civil, carrière, succession,
propriété foncière etc...). Les archives contribuent ainsi de manière éminente àl'exercice de la démocratie. C'est d'ailleurs une loi de la période révolutionnaire,
la loi du 7 messidor an II, qui a garanti à tout citoyen le libre accès aux archives.

Très récemment, l'ampleur des travaux parlementaires concernant la nouvelleloi sur les archives a fourni la preuve que les archives sont au centre de la viedémocratique de ce pays.


Deux siècles après leur création, les Archives sont en danger !

La Direction des Archives née en 1897, devenue en 1936 Direction des Archives
de France, devrait en effet disparaître en 2009 de l'organigramme du Ministère
de la Culture dont elle était, ironie de l'histoire, un élément constitutif lors
de sa création par André Malraux en 1959.
Le 4 avril 2008, le Conseil de modernisation des politiques publiques chargé demettre en oeuvre la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) en adécidé ainsi, contrairement à l'avis du Conseil Supérieur des Archives du 10mars 2008 et aux votes des Comités techniques paritaires de la Direction desArchives de France des 19 décembre 2007 et 21 mai 2008. La Direction des Archives
de France doit être absorbée par une direction générale des patrimoinesde France qui regrouperait « l'architecture, les archives, les musées ainsi que lepatrimoine monumental et l'archéologie ».

La disparition de la Direction des Archives de France constituerait un recul extrêmement
grave

Pour tous, il apparaît indispensable de maintenir la Direction des Archives deFrance afin de garantir la cohérence d'une politique nationale des archives, afind'assurer à tous le libre accès aux archives.

Compte-tenu de l'organisation administrative de notre pays, les producteursd'archives publiques sont très divers : ministères, établissements publics nationaux,
services déconcentrés de l'Etat, juridictions, collectivités territoriales. Laconservation et la communication des archives sont confiées, selon les cas, aux
archives nationales, départementales, régionales ou communales qui constituent
un réseau riche mais multiple.

Pour l'ensemble de ce réseau, la Direction des Archives de France a en chargel'élaboration et la mise en oeuvre des normes juridiques, scientifiques et techniques
relatives à la collecte, à la conservation et à la communication des archives
publiques. Elle exerce la responsabilité du contrôle scientifique ettechnique de l'Etat sur la gestion des archives de l'ensemble des organismespublics, centraux ou territoriaux, c'est-à-dire non seulement sur un objet patrimonial
déjà constitué mais sur le processus même de constitution de ce patri



moine. Elle est l'interlocutrice des collectivités territoriales pour toutes les questions
relatives à leurs archives et à celles dont la conservation leur est confiée
par la loi. La Direction des Archives de France exerce donc une responsabilitéqui dépasse le cadre spécifique de l'action culturelle et qui revêt par sa naturemême un caractère interministériel et territorial affirmé.

Dans de telles conditions, la cohérence d'une politique nationale en matière decollecte, d'accès et d'inventaire, et l'intégrité des archives publiques sur l'ensemble
du territoire, ne peuvent être garanties que si elles sont pilotées au niveau
stratégique par un décideur unique. Pour être efficace, celui-ci doit avoirune visibilité suffisante dans l'organigramme de l'Etat, témoignant clairement deson rôle interministériel et de sa légitimité à assurer le contrôle scientifique ettechnique sur les collectivités territoriales. Il doit disposer d'un pouvoir de décision
véritable.

L'existence de la Direction des Archives de France est un enjeu démocratique

L'autorité actuelle de la Direction des Archives de France trouve ses racines
dans la Révolution française. Petit à petit, elle a su imposer aux différentes administrations
le respect de leurs propres archives, les contraintes de leurconservation et de leur collecte. Petit à petit, le lectorat s'est démocratisé etmultiplié. La recherche s'est développée, à partir des archives, source primordiale
que l'on soit étudiant, universitaire, généalogiste, chercheur...

La création des Archives nationales en 1790 a été synonyme d'entrée dans unmonde nouveau, sans privilèges, sans secrets, ouvert à tous. Cette avancée citoyenne
et démocratique court aujourd'hui le risque d'être sacrifiée sur l'autel
d'une « RGPP » inspirée par des critères purement comptables et budgétaires,
des réductions d'effectifs et de moyens suite aux fusions de directions et deservices du ministère. La bonne gestion et le respect de l'intégrité des archives,
témoins de l'histoire nationale et de celle de chacun, ne sont pas – et ne serontsans doute jamais – naturels aux pouvoirs administratifs et politiques. Il fautpour les préserver une autorité en position de l'imposer.

La Direction des Archives de France doit être maintenue

À l'heure où la nouvelle loi sur les archives va voir le jour, est-il acceptable que


l'existence même d'une Direction des Archives de France chargée de veiller àsa bonne application soit remise en cause ? non !
Enfin on sait aujourd'hui que 60 créations de postes promises par Christine Albanel,
Ministre de la Culture, lors de la présentation de son budget 2008, pourle nouveau centre d'archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine, pourtant déclaré
grand projet national par le ministère, sont remises en cause. Or sans lesnouveaux moyens nécessaires à son fonctionnement, le centre de Pierrefitte nepourra se faire qu'à partir du dépeçage de la totalité du réseau : services d'administration
centrale bien sûr, Archives nationales, départementales, communales...
C'est donc tout l'édifice du réseau des archives qui va être ébranlé par la disparition
de la Direction des archives de France à cause du dogme de la fusion desadministrations centrales et de la réduction des effectifs.

Citoyens, salariés, chercheurs, étudiants, généalogistes, intellectuels, historiens,
nous vous appelons à signer notre pétition adressée à Nicolas Sarkozy,
Président de la République.

PETITION POUR SAUVER LES ARCHIVES

- Pour le maintien de la Direction des Archives de France comme direction d'administration
centrale de plein exercice
-Pour le maintien de l'organisation actuelle du réseau des services publics d'archives
-Pour le maintien et le renforcement de son personnel statutaire
Nom :

Prénom :

Adresse :

Qualité :

Signature :


Signatures à retourner :
par courrier postal : Intersyndicale Archives, 56 rue des Francs-Bourgeois75003 Paris
par télécopie : 01 40 27 63 66par courriel : intersyndicale.archives@culture.gouv.fr

COMMUNIQUÉS

Suppression de l'autorisation de travail pour lesressortissants de huit nouveaux pays de l'Union
européenne

Depuis le 1er juillet 2008, les ressortissants de l'Estonie, Lettonie, Lituanie,
Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovénie et Slovaquie bénéficient pleinement
du droit à la libre circulation des travailleurs. Ces travailleurs peuventdonc désormais exercer librement en France toute activité professionnelle, salariée
ou non salariée, dès lors qu'ils satisfont aux mêmes conditions requises,
le cas échéant, des nationaux notamment pourl'exercice d'une profession réglementée (conditions de diplôme, d'expérienceprofessionnelle, …).
S'agissant des activités professionnelles salariées relevant du régime généralou agricole, les employeurs ne sont plus tenus de solliciter une autorisation de
travail au profit des ressortissants de ces pays. Ils peuvent en conséquenceembaucher ces derniers sans avoir à s'assurer auprès de la préfecture qu'ils
sont en possession d'une autorisation de travail ou d'une carte de séjour, ni à
acquitter les redevances dues à l'agence nationale de l'accueil des étrangers etdes migrations (ANAEM) au titre de l'embauche de travailleurs étrangers.
Les demandes de titre de séjour et d'autorisation de travail portant sur des périodes
d'emploi postérieures au 30 juin 2008, présentées auprès de la préfecture
ou de la direction départementale du travail (qu'il s'agisse de demandesinitiales, de demandes de renouvellement ou de recours gracieux), sont désormais
sans objet.
Les dispositions restrictives d'introduction (autorisation d'embauche et procédure
ANAEM) restent en vigueur pour les ressortissants de la Roumanie et dela Bulgarie.


Lot-et-Garonne

Révision du schéma départementald'accueil des gens du voyage

Le Préfet a présidé la première réunion de la commission départementaleconsultative des gens du voyage.
Cette commission composée de représentants du conseil général, de l'amicale
des maires, des services de l'Etat, de la CAF, de la MSA et d'associations a
pour objectif de procéder à la révision du schéma départemental d'accueil des
gens du voyage.
Ce document qui doit être révisé tous les six ans définit les obligations incombant
aux collectivités territoriales pour la réalisation, sur les différents bassinsde vie que compte le département, d'aires d'accueil aux tailles et caractéristiques
adaptées en fonction des besoins recensés.
Pour sa première réunion, la commission a dressé un bilan d'application duschéma départemental d'accueil des gens du voyage du 19 octobre 2002 ainsi
qu'un calendrier des travaux pour la révision du document.
Ainsi, au cours de ces six dernières années, le schéma départemental a permisd'importantes réalisations s'agissant notamment de l'ouverture d'aires d'accueil
pour semi-sédentaires sur le Marmandais (communes de Marmande et de Tonneins),
le Villeneuvois (commune de Villeneuve-sur-Lot) et l'Agenais (Le Passage
et Bon-Encontre auxquelles viendra s'ajouter dans quelques semainesBoé).
Cependant, aucune solution n'a encore pu, à ce stade, être dégagée pour permettre
l'ouverture d'aires de grand passage. Cette question constitue un desenjeux majeurs des travaux de révision du prochain schéma départementald'accueil des gens du voyage. Les travaux de la commission dureront jusqu'en
juin 2009.


VIE ASSOCIATIVE

La lumière de Laxmi

Native de l'Ile Maurice, Radha Devi Seerojeenee vit à Villeneuve-sur-Lot. Elle
préside l'association LAXMI qui vient en aide aux enfants de Pondichéry et duvillage de ses ancêtres indiens


Récemment à Sainte Livrade, LAXMI participait aux animations de « l'Altertour
» destinées à valoriser la diversité sous toutes ses formes. De
celle des hommes à celle des espèces végétales aujourd'hui menacées
par les trusts des semanciers. Au centre sur notre document, Radha DeviPatat aux cotés de Nicolas Delprat membre de l'association et Jeane Des-
classe, trésorière. ( Ph. Ancrage)


Elle « aime la diversité » et confie que l'Aquitaine où elle vit aujourd'hui ne pourrait
être qu'une étape de sa vie. « Cela dit, venant de Paris, j'ai apprécié quemes enfants puissent aller à l'école à pied, respirer l'air pur et jouer dans un jardin.
» Radha Devi Seerojeenee a vécu sur tous les continents du monde, saufl'Australie. Elle doit à son mari, M. Patat, petit-fils d'un militaire et Périgourdinde souche d'avoir échoué, à Villeneuve-sur-Lot, en Lot-et-Garonne en compagnie
de leurs trois enfants.
Radha est née, il y a 48 ans à l'Ile Maurice. Elle tient sans doute de son pèredécédé en 2001 ce goût des autres et de l'aventure. « Nous étions neuf enfants,
quatre biologiques et cinq adoptés portant tous le nom paternel » explique
fièrement Radha. « À présent que ma mère est veuve, elle fait le tour demonde en rendant visite à ses enfants qui vivent en France, en Angleterre, auCanada et aux Etats-Unis ».
C'est en partant à la découverte de ses racines indiennes que Radha a eul'idée de créer l'association Laxmi. « Nous n'avons plus de famille en Inde, maisje voulais savoir d'où je sortais. Voir d'où venait ma famille découvrir le villagequi a vu évoluer cinq générations des miens », confie-t-elle.
Ce village, Rada Lalita Kund , 10.000 habitants, (1) se trouve au nord-est del'Inde, région de Udtarpraeesha, à 200 kilomètres, environ de New Delhi.
« Quand je suis arrivée, j'ai croisé des enfants dans la rue à l'heure de l'école.
Cela m'a choqué», poursuit-elle. Comme l'ont choqué les conditions d'enseignement.
Une seule école publique pour des enfants de 4 à 12 ans. Un millierd'élèves entassés dans douze classes. Les autres abandonnés à leur sort.
« C'était en 1993. Quand je suis revenue l'année suivante, j'ai proposé monmodeste concours à condition qu'on me trouve un bâtiment pour accueillir lesélèves. Ce qui fut fait grâce à la donation d'un grand-père du village propriétaired'un immeuble désaffecté ». Soutenu par des bonnes volontés locales, le programme
se met en place.
Installations de portes et fenêtres, rénovation de l'électricité, peinture, lescharges sont importantes. Radha décide de créer l'association LAXMI. (2) enseptembre1995 l'année de l'ouverture de l'école. Présidée par sa fondatrice,
LAXMI revendique « sa totale indépendance vis-à-vis de toute religion et partipolitique. » Immatriculée en France et en Inde elle a pour but l'aide à l'éducation,
aux familles. Seuls les instituteurs sont payés par le gouvernement indien.
Pour alimenter les caisses, LAXMI organise un festival chaque année en Aquitaine.
Monpazier, puis Castillonnès, Lauzun, Villeneuve-sur-lot accueillent la


manifestation placée sous le signe de la culture indienne. Des ateliers, de musique,
cuisine, yoga, Chi Cong, arts martiaux indiens permettent de récolter desfonds et de sensibiliser publics et institutions au sort des enfants de Rada Lalitakund.
« Les adhérents de l'association sont bénévoles, les comptes transparents
et tenus à disposition des donateurs » affirme la présidente.

Une soixantaine de parrains

En 2004, LAXMI est sollicité par la municipalité villeneuvoise pour récolter lesaides destinées aux sinistrés du Tsunami de l'ancien comptoir colonial de Pondichéry.


15.000 € sont ainsi investis dans la rénovation d'une station de compostageemportée par les éléments. Une soixantaine de personnes travaillent sur ce sitesupervisé par les techniciens de la ville de Villeneuve.
Parallèlement à ce partenariat ponctuel avec la collectivité locale, l'ADEME
(Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) et le groupe VEOLIAqui finance pompes à eaux et panneaux solaires à hauteur de 10.000 €,
LAXMI profite de son implantation à Pondichéry pour développer son action auprès
des enfants scolarisés dans deux écoles de la ville. L'aide va à l'acquisition
de matériel scolaire, et de vêtements pour les plus démunis. Notammentdes pull over parce que les nuits d'hiver sont très froides.
« La situation de certaines familles est désastreuse », plaide la présidente quimet aussi en place un réseau de parrainage avec des familles européennespour les enfants orphelins
« Nous avons six parrains à l'heure actuelle (ndlr : entretien réalisé en juillet2008) et il nous en faudrait une soixantaine. Nous aidons une enfant de cinqans dont le père a été assassiné sous ses yeux, deux veuves avec des enfants,
un électricien qui souffre d'un cancer, père de 4 filles et qui peut difficilementtravailler. Le parrainage consiste à prendre en charge la scolarité des enfants,
les vêtir, et si possible aider un peu leur famille » conclut la responsable associative.
(1)10.000 habitants, ça peut vous paraître disproportionné pour un village maisen Inde c'est la norme, précise le témoin

(2) LAXMI signifie « beauté et lumière » dans une des langues du pays.

Parrainage : Une adresse, un dossier d'information

Les personnes qui souhaitent s'engager sur la voie du parrainage doivent enfaire la demande à l'adresse suivante. Une adresse : Association LAXMI 5, rue
Pablo Picasso, 47300 Villeneuve-sur-Lot.
Un dossier d'information lui sera fourni par les responsables associatifs.
Pour l'essentiel – et le minimum – le parrainage porte sur la prise en charge dela scolarité de l'enfant et le financement d'un repas par jour.
Le but de l'association et de ses soutiens est de préserver l'autonomie des populations
aidées. L'objectif est de les « rendre actrices de leur propre développement
par les infrastructures mises en places. » En d'autres termes, les
enfants parrainés vivent et grandissent chez eux.

TROIS QUESTIONS A RENÉ CHAMBON,
adjoint aux finances de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne)

« Que l'aide dont elle a besoin
ne lui fasse pas défaut. »

- Depuis 2002, Villeneuve-sur-Lot et Pondichéry sont partenaires pour ledéveloppement durable. Pourquoi Pondichéry ?
-En 2000, la Communauté européenne a mis un place un programme, "Asiaurbs"
d'aide à certaines villes asiatiques. Les villes éligibles pour ce programmedevaient choisir deux villes européennes comme marraines. Pondichéry ayantété retenu, il lui était donc demandé de choisir les villes qui allaient l'accompagner
dans la réalisation de ce projet. La ville "blanche" de Pondichéry estconstruite sur le modèle des bastides, comme Villeneuve. De plus le ministreGeorges Leygues, alors ministre de la marine, avait fait une halte dans cetteville, ce qu'atteste une plaque dans le hall de la mairie. C'est tout naturellementque Pondichéry s'est tourné vers Villeneuve, entre autres. Le choix définitif aété impulsé par Jean-Jacques Thomas, de la direction de l'ADEME. Ce Villeneuvois
bien connu, n'a pas voulu laisser passer l'occasion de mettre Ville

neuve à l'honneur ( L'ADEME étant la structure française responsable de lagestion du dossier)

-Sur quoi repose ce partenariat ?
-Le projet avait un double objectif, la rénovation urbanistique de la vieille ville etla modernisation des réseaux avec la gestion des déchets. C'est le budget européen
qui finançait en partenariat avec l'État et la ville de Pondichéry, les villesmarraines apportant un conseil technique avec surtout la présentation des réalisations
qui sans avoir la prétention d'être exemplaires permettaient d'avoir uneidée de la réalité. L'esprit étant de permettre à chaque partenaire de bénéficierde l'apport de chacun. C'est ainsi que les Européens et les Indiens ont pu prendre
connaissance de l'état des infrastructures, des évolutions, des ratages, desbesoins, des étapes à éviter ou au contraire à ne pas manquer. Chacun portantun oeil critique sur ce qu'il voyait, ceci avec sa culture, son vécu, sa vision del'avenir, dans une perspective d'enrichissement commun.
Les Indiens ont pris connaissance de nos centres de compostage des déchetsverts et d'enfouissement des déchets ménagers de l'Albié à Monflanquin ainsique la collecte de ces produits, des réseaux d'assainissement et de la stationd'épuration de Massanès, des réseaux d'éclairage public, de la voirie. Les Européens
ont pu apprécier l'ampleur des besoins indiens, les techniciens ont suggéré
la marche à suivre pour engager les modernisations semblant les plusurgentes; ils ont eu l'occasion de prendre conscience des disparités, des insuffisances
sociales, mais aussi de l'amabilité, de la vitalité, de l'énergie de la population
indienne.
-Quel bilan tirez-vous de ces années de collaboration ?
-Ce partenariat s'est poursuivi pendant quatre ans, la durée du projet européen.
On peut préciser qu'il n'a rien coûté aux contribuables villeneuvois. Cesquatre années de collaboration, que l'on ne doit pas comparer à un jumelagecar la finalité n'était pas la même, étant terminées quel bilan peut-on en tirer? Ilme semble mitigé.-Il y a eu des réalisations concrètes à Pondichéry: la mise enplace de mini-véhicules électriques de transport en commun avec une stationde recharge des batteries, la mise en place d'un centre de vermi-compostagedes déchets verts du marché avec la création d'un groupe de réinsertion féminin,
la rénovation d'immeubles de la ville blanche et de la ville tamoul, la réalisa

tion de réseaux d'éclairage public en front de mer, l'assainissement du mar-
ché...Une aide apportée lors du tsunami.-Il y a eu des échanges fructueux entreles différents participants, de l'amitié, de la chaleur...Mais... L'Inde c'est loin! Onpeut regretter qu'il n'y ait pas eu davantage d'implication et qu'il n'y ait pas eude suite aux prolongations qui avaient été envisagées: échange de techniciens,
échanges scolaires, animations culturelles, etc...Cela me semble d'autant plusregrettable que l'histoire nous avait tracé le chemin. En effet, Pondichéry étaitun "comptoir" de l'Inde: l'on y voit encore des traces de la présence françaiseavec quelques personnes qui parlent français (sans oublier que certains onttoujours la nationalité française). Les occasions de perpétuer la culture française
ne sont pas si fréquentes. Villeneuve pouvait-elle seule prendre à soncompte une telle charge?Néanmoins, une satisfaction: une association,
"Laxmi", qui a été introduite dans ce partenariat, celui-ci terminé, continue sonaction.
Je souhaite beaucoup de courage à sa présidente, Radha, et que l'aide dontelle a besoin ne lui fasse pas défaut. »

Propos recueillis par Joël Combres

LA MÉMOIRE DES LIVRES


Né en février 1951 au Portugal, Antoine

Cardoso, demeurant à Saint-Front-sur-Lémance
(Lot-et-Garonne) est l'auteur d'un
récit autobiographique intitulé « Mémoires

d'un émigré ».
Sous la signature d'Antoine Cavaleria , l'auteur
raconte sa vie de fils de petits agriculteurs
de Valdevez (Ucanha), village du norddu Portugal. Antoine Cardoso démarre savie active à l'âge de 11 ans pour contribueraux besoins d'une famille nombreuse.
À l'âge de 18 ans, il fuit la dictature et émigre
clandestinement en France. « Uneaventure périlleuse qui a demandé du courage,
de la volonté » confie l'auteur .


Mémoires d'un émigré. Récit autobiographique. Par Antonio Cavaleria.
Collection Liberté.
15 € - Contact : Antoine Cardoso, Lotissement des Sarmes. 47500 Saint-Frontsur-
Lémance. Lot-et-Garonne. (Ph. Ancrage)


“Soldats perdus”

Par Hélène Erlingsen


Clovis Creste et son frère Kléber se sont perdus dans la tourmente des guerrescoloniales. Enfants de la DDASS, ils n'aspiraient pas à de hautes destinées.
Clovis, lui, voulait simplement devenir paysan et cultiver une parcelle de cetteterre Lot-et-garonnaise où il était né en 1927. Il est mort le 26 octobre 1958 en
Algérie au cours d'une embuscade à Tacheta Zouggara dans le départementd'Orléansville- aujourd'hui Chlef. Kléber n'a pas eu un sort plus glorieux et à


son enterrement, le 12 octobre 1990, peu de gens se pressaient autour de soncercueil. Aucun officiel pour témoigner des mérites de ce soldat de la République.
Pour Hélène Erlingsen, c'est un choc. Pourquoi cette indifférence ? Pourquoi cedédain pour des hommes qui avaient vaillamment combattu où leur pays lesavait envoyés.
Elle avait six ans lorsque son père Clovis est décédé. Aux obsèques de sononcle, elle en a 38. Tout ce temps a été vécu dans l'absence et, au coeur une
souffrance mal définie. « Il m'a prise dans ses bras, m'a embrassée puis m' a
demandé de faire le guet le temps d'aller chiper des roses pour la fête desmères dans le jardin d'un colon ». Au plus loin de sa mémoire, seule reste cetteimage suivie du profond sentiment d'abandon:six mois après, il disparaissait.
Elle passera le reste de son enfance et de son adolescence à Agen, élevéeseule par sa mère. Dans l'absence du père et de l'époux manquant vécuecomme une solitude.
Ce manque douloureux, elle décide de l'affronter en partant à la rencontre deson héros.
Commence alors un long périple de dix-sept ans qui la conduit sur les traces
de ce père tant aimé et si méconnu. Journaliste à FR3, elle sait mener des enquêtes
sur le terrain. Mais jamais encore elle n'a entrepris un travail aussi bouleversant
car personnel.
Elle se rend en 1992 en Algérie en pleine violence intégriste. A Tacheta Zougarra
où son père est tombé. Elle retrouve l'acte de décès, rencontre des anciens
du FLN qui se souviennent de lui. Et stupeur ! Aucun accent de hainedans leurs propos. « Ils me parlaient, dit-elle, et à travers moi, ils s'adressaient
aussi à mon père ».
Même constatation au Vietnam lors de son pèlerinage de 1995. Elle y rencontrele général Giap, à l'époque ministre de la défense. C'est la première fois qu'il
s'entretiennent avec la fille d'un vétéran.

-« Que voulait faire votre père », demande t-il ?
-« Il voulait être paysan ».
-« Mes hommes aussi ».
De part et d'autre, un même respect et un profond chagrin à l'évocation de ces
soldats perdus, emportés par le vent de l'histoire.
« Avec le temps les discours héroïques se sont émoussés, déclare Hélène.
Restent des hommes qui ont été sacrifiés à des visées nationalistes servies parde beaux discours. Ils avaient l'intime conviction de remplir une mission ?


N'avaient-ils pas été éduqué dans ce sens ? L'école de Jules Ferry leur apprenait
que la France s'étendait bien au delà de l'hexagone, à toutes les tâches
roses que le maître montrait sur une carte ». Elle ajoute : « Ils ont été manipulés
pour de fausses raisons et de vrais intérêts. D'autres rencontres, de nouveau
en Algérie, au Sénégal, puis en France confirment ses impressions. « Je
suis partie, dit-elle, avec deux soldats blancs, je suis revenue avec des soldatsde toutes les couleurs qui ont eu le même destin »

Hélène hante alors les bibliothèques et les archives de France pour comprendre
les ressorts politiques et psychologiques de ces guerres coloniales et traquer
les responsables. Elle loue une chambre à Paris, s'y rend les week-endset pendant les vacances. Huit ans durant, elle compulse les documents entassés
à l'Assemblée nationale, au Sénat mais aussi au Service historique de l'armée
de terre, au Musée de la Légion étrangère d'Aubagne, aux archivesalgériennes d'Aix en Provence. Elle collationne les informations aux archives
du Monde, du Figaro, de l'Humanité. Huit ans de recherches incessantes au fil
desquelles les souvenirs familiaux s'emboîtent dans une histoire collective.
Ce travail achevé, que faire de toutes ces données ? Elle contacte un professeur
de sciences politiques à Toulouse. Il lui suggère une thèse.
Encore deux années de travail pour ordonner, hiérarchiser, mettre en formetoutes ces notes et, en 2005, elle soutient sa thèse dont le titre est : « La politique
de défense de la 4ème République à travers la vie des frères Creste ».
« Mention très honorable », note le jury.
Hélène est satisfaite. Elle a retrouvé son père à travers les méandres de sacourte vie. Son oncle aussi l'a rejoint désormais dans ses souvenirs. Elle acompris que tous deux, orphelins, avaient fait de l'armée leur famille et qu'ils
ont souhaitaient se dévouer pour elle. Elle a compris qu'ils étaient jeunes et
qu'ils ont répondu à une soif d'aventure. Elle sait qu'ils n'avaient pas toutes lesinformations et que les vrais responsables sont les gouvernants français qui ontenvoyé se battre des pauvres contre d'autres pauvres. Le sentiment généralest celui d'un énorme gâchis. Mais n'est-ce pas le lot de toutes les guerres ?
Elle croit en avoir fini de son passé lorsque les éditions Bayard qui souhaitentpublier un ouvrage sur les guerres coloniales la contactent. Un livre ? Pourquoi
pas ? Elle s'exécute volontiers. Des quatre mille pages de sa thèse elleextrait sept cent vingt feuillets qu'elle retravaille en roman.
Quatre cents exemplaires de « Soldats perdus » ont déjà été vendus. Un beausuccès. Ce livre est bouleversant d'authenticité, de vérité, d'humanité.
Hélène est apaisée. Sa quête est aujourd'hui terminée.


Il lui reste maintenant le plus difficile : construire sa propre histoire.

Maïté Urruela

« Soldats perdus » d'Hélène Erlingsen. Editions Bayard ( 29 euros)

La France et l'Algérie, l'histoire et l'avenir en partage

« La France et l'Algérie, l'histoire et l'avenir en partage » c'est le titre d'un ou


vrage de 200 pages qui regroupe les interventions des participants aux journées
de Larrazet organisées par la Maison de la Culture du villagetarn-et-garonnais les 11 et 12 novembre2006.
« À l'interface de la mémoire et de l'histoire,
les journées de Larrazet ont démontré avec
éclat qu'il était aujourd'hui possible de regarder
le passé en face et de le faire respireravec bonheur. La publication des actes apour vocation de présenter le savoir historique
actualisé de deux siècles d'une relation
profonde », explique, Alain Daziron, professeur
et organisateur de la manifestation.
« De par leur existence même et leur forme,
nos journées entendent et enregistrent pleinement
la charge émotionnelle qui circuletant à la surface que dans les profondeurs decette relation singulière de la France et de l'Algérie. Raison de plus de dissocieret de démêler la fonction de la mémoire et celle de l'histoire. C'est pourquoinous ferons une large place à « l'histoire des historiens » qui ont accepté dejouer le jeu des journées de Larrazet. Non seulement ils éclairent ce continentimmense de leurs recherches, mais montrent, au vu et au su de tous, comment
on écrit l'histoire en faisant son miel de toute la palette des sources », précise

Alain Daziron.

L'ouvrage est ainsi le reflet d'une grande variété de sujets. Il puise à la source

des deux rives de la Méditerranée et diversifie les angles de traitements ce qui



constitue l'un de ses intérêts majeurs. Chacun peut en juger en parcourant les
chapitres de la publication des actes :
-« L'Algérie Française, les visions des porteurs du projet » par Guy Pervillé,
professeur d'histoire contemporaine à l'université du Mirail à Toulouse.
-« Les Pieds Noirs, trajectoire d'une mémoire, interprétation d'une histoire
» par Michèle Baussant, chargé de recherche au CNRS et Valérie Esclangon-
Morin , professeur agrégée, docteur en histoire.
-« Pourquoi le 1er° novembre 1954 ? » , « De la colonisation à l'indépendance,
la vision de l'histoire en Algérie » « Bilan de l'Algérie indépendante »
par Gilbert Meynier, professeur émérite à l'université de Nancy II.
-« Les appelés en Algérie, entre histoire et mémoire » par Claire Mauss
Copeaux, historienne de la guerre d'Algérie.
-« Interroger de l'intérieur la trajectoire d'une famille de Harkis », par Djamila
Berritane, fille de Harki.
-« La représentation de l'immigré algérien dans l'espace public français »,
par Gérard Noiriel, historien de l'immigration, directeur d'étude à l'EHESS.
-« Comment est vécue la double appartenance par les immigrés algériens
et leurs descendants » par Hanifa Cherifi, ancien membre du Haut conseil à
l'Intégration.
-« Comment je vois mon Algérie de la pluralité, » par Mohamed Benrabah,
professeur à l'université de Grenoble III.
-« La France et l'Algérie, une histoire à suivre » par Jean Robert Henry,
directeur de recherche au CNRS


L'ouvrage propose en outre une banque de données de 40 pages sur l'actualité
de la recherche, bibliographie, sites, expositions, associations « qui permettra à
chacun d'aller plus loin pour explorer l'histoire et bâtir l'avenir en partage » précise
Alain Daziron.


La France et l'Algérie, l'histoire et l'avenir en partage. Prix 20€ (+ 3€ de
frais d'envoi) Règlement à l'ordre de la Maison de la culture de Larrazet.
82500 LARRAZET. Tél. 05 63 20 72 34 ou 05 63 20 72 59 courriel :
culture.larrazet@laposte.net


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- Maité Urruela : maitefayet@aol.com-Jean-François Mézergues : jf.mezegues@gmail.comJoël Combres : joel.combres@wanadoo.fr
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