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| Au Sommaire de ce numéro 5 - EDITORIAL Europe : A droite toute Dimanche 23 août dernier, le magazine vespéral de Canal+ diffusait un reportage sur la privatisation aux Etats-Unis de centres de détention de clandestins. Une nouvelle exploitation de l’homme (démuni) par l’homme (friqué) améliorant son compte en banque sur les dos courbés d’une population sans horizons ni avenir. Inutile d’insister sur le traitement et les humiliations infligés à ces “bagnards des temps modernes”. A ce propos, le nom de l’ancien vice-président Dick Cheney fut cité et la procédure interrompue pour vice de forme. Ne montrons pas trop hâtivement d’un doigt accusateur les états de ce qui fut naguère l’eldorado des aventuriers du vieux continent qui aujourd’hui se débarrassent à bon compte d’une question très onéreuse et embarrassante. En la matière, l’Europe n’a pas à se glorifier non plus qu’à tirer sur les cow-boys d’outre-Atlantique. Rappels: Glissons sans appuyer sur les procès intentés, en dépit des dénégations du sieur Eric Besson, ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement, aux âmes sensibles à la détresse d’autrui qui ont assisté des sans-papiers. N’enfonçons pas le clou sur les opérations de police qui cet été, des mois après la fermeture de Sangatte, ont dispersé la population déboussolée des refuges des flux migratoires espérant franchir la Manche (bois de la côte nord, squats, parc parisien etc…) Et soulignons l’initiative de l’Italie de Silvio Berlusconi qui, toujours en août, a décrété le “délit de clandestinité”. Enfin, un projet lancé en France a reçu l’adhésion de plusieurs pays européens dont Chypre et l’Italie. Il s’agit d’harmoniser l’accueil et le traitement des immigrés sans-papiers afin d’endiguer les déferlantes et, ça va de soi, d’étudier leur situation au mieux de leurs intérêts. Certes, le problème est délicat, complexe, souvent dramatique et les décideurs des pays industrialisés s’accordent sur un point fondamental. Pour éviter les invasions sauvages, l’idéal serait d’oeuvrer pour permettre aux migrants miséreux de vivre décemment sur leur terre natale. Où les entrepreneurs des mêmes pays industrialisés ne se sont pas privés d’éponger abondamment les ressources naturelles du sol et du sous-sol. Avouons que lorsque l’Europe des nations met le cap “à droite toute”, cela relève du véritable casse-tête. Rappelons enfin pour mémoire que la seule migration massive provoquée et organisée par les états occidentaux nantis remonte à l’époque où la main-d’oeuvre africaine était enchaînée et embarquée manu militari pour le Nouveau Monde via les ports français de Bordeaux et de Nantes. Elle est entrée dans l’histoire sous le nom de “ traite des nègres “. A méditer avant de se pencher sérieusement sur la grave question de l’immigration. Jean-François Mézergues 6 - ET PENDANT CE TEMPS-LÀ 9 - CHRONIQUES D’AQUITAINE 10 - CHRISTOPHE DABITCH (BORDEAUX) Les cousins Serbes 18 - SAINTE-LIVRADE-SUR-LOT Les derniers jours du petit Vietnam 22 - JUANITO MARCOS “A Elne, c’était la vie” 28 - HAUT LIEU DE MÉMOIRE “Achetons la gare de Borredon” Entre le 5 et 12 mars 1939, environ 16 000 Espagnols furent débarqués de la gare de Borredon à raison de deux trains par jour. Depuis la gare, ils devaient parcourir à pied 6,5 km en rase campagne, pour rejoindre les 50 hectares de pâture embourbés qui étaient destinées à leur hébergement. Les autorités militaires avaient décidé quelques jours auparavant de construire là un camp de concentration comprenant 45 baraques ( chacune de 48 m sur 7 ), en planches couvertes de tôles ondulées. Mais au 5 mars n’existaient que quatre baraques… Jusqu’en février 1940 Borredon vit passer des milliers d’autres Espagnols , car le camp de Septfonds devint une plate-forme de transit pour des Compagnies de travailleurs Etrangers ( CTE) constituées dans les camps du Roussillon en même temps qu’un centre de tests et d’aiguillage vers des ateliers et des usines de toute la France. Quasi vidé en février 1940, Septfonds reprit du service un peu plus tard, comme siège de Groupements de Travailleurs Etrangers ( GTE), puis pour enfermer d’anciens militaires polonais, des juifs persécutés et d’autres « indésirables » ou « suspects ». Hors-service ferroviaire depuis longtemps, la gare a été transformée en 1995, en lieu d’animation culturelle : concerts de jazz, théâtre…Les activités ont cessé en 2004. Néanmoins les installations ( grande salle, scène, cuisine, locaux annexes, wagons-lits pour une vingtaine de voyageurs, terrain…) peuvent immédiatement servir pour des rencontres et des manifestations, en relation avec les autres sites voisins ( camps de Septfonds, tombe du Président Azana à 30kms…) ou relativement proches ( Ariège, Gers, Haute-garonne, lot, Lot-et-garonne…). L’herbe rase d’un pré Les associations attachées à la mémoire de l’Espagne républicaine, du martyr des juifs, de l’univers concentrationnaire, ainsi que d’autres préoccupées d’histoire, de culture, de patrimoine…conjuguent leurs forces pour que Borredon revive comme un carrefour entre diverses voies en quête de liberté, égalité, fraternité. Jean Albouy, fils du chef de gare en fonction à Borredon de 1935 à 1947 témoigne en ces termes : « A Argelès, le sable de la plage leur servait de lit. A Septfonds, c’est l’herbe rase d’un pré, en bordure d’un ruisseau qui les attend. Leur calvaire n’est pas fini. Aucun baraquement n’est prêt pour les premiers arrivants. Ils furent près de 3 000 en deux jours , à attendre sous la pluie…Les autorités civiles et militaires ont préféré la discrétion de la gare de Borredon, perdue en pleine campagne, pour ne pas encourager les mouvements de sympathie qu’aurait pu entraîner la traversée de Caussade. L’essentiel était de ne pas effaroucher les braves gens. La gare de Borredon a vu les prémices de la guerre avant qu’elle ne voit le drame de ceux qui, conduits par les SS, partiront du camp de Judes pour les camps de la mort en Allemagne ». Cette gare est un haut lieu de mémoire. Elle peut devenir un site majeur d’intérêt historique, culturel, éducatif et « touristique mémoriel ». Pour l’acheter il faut réunir 150 000 euros. Pour contribuer à l’acquisition, en complément des apports essentiels attendus des pouvoirs publics, MER 82 ( Mémoire de l’Espagne Républicaine de Tarn-et-Garonne) a lancé une souscription internationale avec l’objectif d’atteindre 25 000 euros. A l’heure où ces lignes sont écrites 22 145 euros ont été reçus ( 16 375 euros pour la France avec 190 souscriptions individuelles auxquelles s’ajoutent 1415 euros des associations mémorielles françaises et 4 355 euros pour la collecte en Espagne). Mais la mobilisation ne fait que commencer. Si vous souhaitez participer libellez vos chèques à l’ordre de : MER 82 souscription Borredon Et les poster à l’adresse suivante : M. Joseph Gonzalez, Président de Mer 82 23 quai Adolphe Poult 82 000 Montauban. |
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