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| COURANTS D’ESPAGNE 76 pages de récits, photos, données statistiques racontant la tragédie des républicains espagnols et de leurs familles contraints à l’exil en France au lendemain de la prise du pouvoir en Espagne par le général Franco. Au sommaire : De Cebrecos à Monsempron-Libos Rufino Pineda : Le Prisonnier du Liberty De Recas à Villeneuve-sur-Lot Juana Morente : Las Capitanas De Pons à Monclar d'Agenais Jaime Olives : Combattant sous "X" De Barcelone à Pujols Eduardo Frias : Voici Edouard De Mazarambros à Montayral Ally Cano Rubio : L'enfance volée De Yesero à Villeneuve-sur-Lot Manuel Bandres : Prisonnier de Franco De Barrio Arroyo à Condezaygues Teodore Cuellar : Les fils rouges du safran D'Albacete à Monsempron-Libos Clementina Hernandez : La maison de vere De Jaén à Villeneuve-sur-Lot Francisco Madera : Le feu et la glace L’Exilé Il était Espagnol, arrivé en France en 1936, chassé de son pays par la guerre civile. Le c?ur déchiré, la famille éclatée, il allait désormais vivre en exil. Loin de l’Espagne qu’il portait pourtant si fièrement sur lui, dans son beau visage de rude basque, dans son accent si coloré, dans ses mots si mal prononcés, dans sa fierté et l’orgueil d’être de ce pays et dans sa tristesse aussi lorsque sa pensée traversait les Pyrénées. Il était espagnol. Tout en lui le criait. Pourtant il lui fallait s’intégrer, reconstruire une vie que le fascisme avait brisée. Au fond de lui toujours subsistait l’espoir de revenir dans sa patrie. Il voulait s’intégrer. Pas s’assimiler. Il était Espagnol et voulait le rester. Une situation, une maison, une famille… pour quoi faire ? Il allait un jour repartir. L’espoir en lui était si tenace ! Puis le temps a passé. Il eut le droit un jour de revoir son pays . C’était en 1956 lorsque Franco ouvrit les frontières aux exilés. Il revit parents, amis mais il n’était plus chez lui. L’Espagne changeait. Sans lui. Etranger. Ici aussi. Alors il revint de cet autre exil en n’étant plus de nulle part. Bouleversé. Le c?ur pourtant si plein de vie et d’amour pour ses deux pays. Exilé à jamais ! Une maison, une famille…pourquoi pas désormais ? A la fin de sa vie sa fille lui demanda où il souhaitait être enterré. Elle imaginait que son c?ur encore souffrait. Il lui répondit : « Ma patrie est là où vit ma famille ». Le temps avait passé et l’exilé s’était de nouveau enraciné. Au c?ur des siens. Et à leur terre ! Maïté Urruela |
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