À partir d’images d’archives coloniales, l’écrivaine et cinéaste franco-algérienne compose un essai où la bande-son donne la parole aux Maghrébins et Maghrébines. Poésies, cris de révolte et chants, en arabe et en français, viennent, en contrepoint de l’histoire officielle, faire revivre la domination vécue par les peuples nord-africains.

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Mediapart et Tënk

26 août 2023 à 17h40

Assia Djebar a marqué de son empreinte unique la littérature mais aussi le cinéma, avec deux films majeurs, les deux seuls films qu’elle a jamais pu réaliser : La Nouba des femmes du mont Chenoua (1977) et La Zerda ou les chants de l’oubli (1982). Le second, moins médiatisé que le premier, écrit en collaboration avec le poète Malek Alloula (qui était alors son deuxième mari), déconstruit de manière magistrale le regard colonialiste et orientaliste. 

Porté par une bande-son extraordinaire qui donne à entendre, en arabe et en français, cris de révolte, chants, poésies, paroles anonymes ou imaginées de Maghrébin·es ainsi qu’Assia Djebar en voix off, La Zerda ou les chants de l’oubli fait revivre au travers des images de propagande coloniale française de 1912 à 1942 les zerdas et les fantasias, la violence de la domination des peuples d’Afrique du Nord, l’humiliation et la folklorisation de leurs cultures par le colonisateur.

Présenté en 1982 à Alger puis au premier festival du cinéma arabe à Paris en 1983, il a reçu le prix du meilleur film historique au Festival de Berlin la même année. 

  • Retrouvez ici notre série consacrée à Assia Djebar, l’immortelle pionnière.

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