18 mai 2021


La ministre de la Culture de la Namibie Katrina Hanse-Himarwa (à dr.) et la ministre d’État allemande au ministère des Affaires étrangères Michelle Muentefering lors d’une cérémonie de remise de restes humains qui ont été apportés à Berlin, le 29 août 2018

Le gouvernement allemand a dit qu’il était proche d’un accord avec la Namibie sur l’assassinat de dizaines de milliers de personnes pendant la colonisation du pays par l’Allemagne il y a plus d’un siècle, rapporte le quotidien The Namibian.

L’Allemagne a ouvert des pourparlers avec le gouvernement namibien en 2015 sur une “réévaluation prospective de la domination coloniale allemande”. Il a indiqué qu’il était prêt à verser des compensations.

“Nous sommes dans la dernière ligne droite sur cette question”, a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Andrea Sasse aux journalistes à Berlin.

En juillet 2016, la porte-parole du ministère, Sawsan Chebli, avait indiqué quenous avons pour objectif de parvenir à une déclaration gouvernementale commune (avec les autorités de la Namibie, ndlr) qui contiendrait une formulation commune sur les événements qui se sont produits et une excuse allemande qui serait acceptée par la Namibie et qui pourrait former la base d’une résolution des parlements” des deux pays.

Que s’est-il passé?

Selon le président du Bundestag, l’Allemagne impériale a conduit en Namibie, à l’époque Afrique allemande du Sud-Ouest (1884-1915), une “guerre raciale” pour réprimer un soulèvement du peuple Héréro, une des tribus namibiennes.

Privés de leurs terres, de leur bétail et de tout moyen de subsistance en raison de la pression croissante des colons allemands et pressés par l’administration coloniale, les Héréro s’étaient révoltés le 12 janvier 1904, massacrant 123 civils allemands.

La guerre a culminé avec la bataille de Waterberg qui eut lieu en août 1904 à environ 200 kilomètres de la capitale actuelle, Windhoek. Les Héréro décidèrent de fuir vers l’est avec femmes et enfants pour gagner le Botswana voisin, poursuivis par les troupes allemandes à travers les étendues désertiques de l’actuel Kalahari, où seuls 15.000 survécurent sur 80.000 personnes au départ.

En octobre 1904, le commandant militaire de la colonie, le général Lothar von Trotha, décidait d’exterminer les Héréro, décrétant que “dans les frontières (coloniales) allemandes, tout Héréro avec ou sans arme, avec ou sans bétail, devait être abattu“.

Des années d’attente en Namibie

En juillet 2018, Héréros et Namas ont exigé des excuses publiques de Berlin pour le génocide en Namibie. L’excuse permettrait “de guérir des blessures émotionnelles“, avait déclaré Mme Esther Utjiua Muinjangue, présidente de la fondation Ova Herero Genocide lors d’une conférence de presse à Berlin.

Dans une volonté de réconciliation, l’Allemagne avait donc remis en août à la Namibie des ossements de membres des tribus Herero et Nama exterminés durant la période coloniale, un geste jugé cependant insuffisant par leurs descendants qui exigeaient toujours des excuses officielles.

Puis en 2019, un tribunal fédéral de New York avait rejeté la procédure en réparation pour génocide intentée contre l’Allemagne par les tribus Herero et Nama. La juge avait considéré que, dans les deux cas, les arguments avancés par les tribus ne démontraient pas suffisamment l’existence d’une activité commerciale, condition nécessaire à ce que l’exception soit recevable.

Nastasia Peteuil

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