Selon l’ONG de défense des droits humains, « au moins sept reporters et militants » ont été arrêtés puis jugés en 2021 dans des affaires « en lien avec leurs opinions ».

Le Monde avec AFP Publié hier à 10h08

Amnesty International a dénoncé, mercredi 30 mars, « la poursuite des restrictions » contre la liberté d’expression au Maroc, accusant les autorités d’exploiter l’état d’urgence sanitaire pour empêcher des manifestations pacifiques.

« Les restrictions contre la liberté d’expression continuent, des poursuites ont été enclenchées contre des journalistes et des activistes », a déclaré Amina Affinida, porte-parole de l’antenne locale d’Amnesty, lors de la présentation du rapport 2021 de l’ONG de défense des droits humains. Mme Affinida a mentionné « au moins sept reporters et militants » arrêtés puis jugés dans des affaires « en lien avec leurs opinions ».

C’est le cas de l’historien Maâti Monjib, déjà condamné pour « atteinte à la sécurité de l’Etat » et « fraude », et poursuivi depuis fin 2020 pour « blanchiment de capitaux ». La porte-parole a évoqué également le nom du journaliste et défenseur des droits humains Omar Radi, condamné le 3 mars à six ans de prison dans une double affaire de « viol » et d’« espionnage », accusations qu’il a toujours niées.

Les associations de défense des droits humains – dont Amnesty – se sont mobilisées au Maroc et à l’étranger en faveur de MM. Radi et Monjib, ainsi que de Soulaimane Raissouni, un autre journaliste, condamné fin février à cinq ans de prison pour « agression sexuelle ». Leurs soutiens estiment qu’ils n’ont pas bénéficié de procès équitables et ont été ciblés pour leurs écrits et leur engagement. Les autorités marocaines, elles, assurent que ces procès « n’ont rien à voir avec leur travail journalistique ou leurs opinions ».

« Surveillance numérique »

En outre, selon Mme Affinida, les autorités ont utilisé l’état d’urgence sanitaire, en vigueur depuis le printemps 2020, « pour imposer des restrictions sur des manifestations et des rassemblements pacifiques ». La porte-parole d’Amnesty a déploré la « surveillance numérique visant des journalistes, militants et personnalités politiques en violation de leur vie privée ». Enfin, le secrétaire général d’Amnesty au Maroc, Mohamed Sektaoui, a appelé les autorités marocaines à « écouter toutes les voix, quelles que soient leur intensité, leur différence et leur force d’opposition »

Les relations entre les autorités marocaines et Amnesty International sont tendues après que l’ONG a accusé Rabat, l’été dernier, d’utiliser le logiciel israélien Pegasus pour espionner des personnalités marocaines et étrangères. Le gouvernement marocain a catégoriquement démenti « ces allégations mensongères et infondées » et enclenché plusieurs procédures judiciaires, notamment en France, où la justice a récemment jugé irrecevables ces poursuites.

Le Monde avec AFP

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