Premier article d’une série de 5 issus d’une revue de presse diffusée dans le cadre d’Espace Marx sur la radio RIG (90.1)

Nous sommes tellement accro tous à nos histoires de confinement, de masques, de tests et de vaccin en particulier que nous levons à peine le nez sur ce qui se passe au delà de nos océans et pourtant il s’en  est passé une belle et bonne aux états unis durant ce mois de mars. Je veux parler de l’entrée au gouvernement Biden d’une amérindienne, la toute première de l’histoire des Etats-Unis, elle se nomme Deb Haaland. Choisi par le président Biden pour diriger le département de l’Intérieur, sa nomination a été validé par le Sénat le 15 mars.

                    Une histoire personnelle compliquée

Née en 1960 en Arizona, elle appartient au laguna pueblo, sa tribu maternelle  et ses propres grands-parents furent victime de cette politique d’assimilation forcée dont je vous ai déjà parlé ici, ils ont été  retirés de force à leur famille pour être placé dans des pensionnats afin d’y être américanisés.

L’histoire personnelle de Deb Haaland aussi a sa part sombre, avec une période de sa vie où elle connut la précarité et l’alcoolisme avant de reprendre des études de droit dont dit-elle elle payait encore la dette en 2018. Elle a élevé seule sa fille Somah, poète, actrice et activiste.

Militante démocrate, elle est vraiment rentrée en politique en 2004 avec John Kerry, alors candidat à la maison blanche, elle a participé très activement à la campagne de réélection d’Obama en 2012 et fut présidente du parti démocrate du Nouveau Mexique avant d’en être l’ élue  au congrès en 2019. Elle est alors l’une des deux premières amérindiennes élues au congrès américains.

Deb Haaland prête serment

Sa nomination à la tète du département de l’intérieur , un intérieur qui n’a rien à voir avec la police et l’ordre public comme chez nous mais qui a sous sa responsabilité  la gestion de la terre et des ressources naturelles, la conservation de la vie sauvage, ainsi que les affaires territoriales et celles des Amérindiens, Tout sauf un poste alibi, tant les questions de ressources et de préservations des terres s’invitent fortement aujourd’hui dans le débat sur le réchauffement climatique : ainsi l’une des premières décisions majeures de Biden fut-elle l’arrêt de la construction très controversée de l’oléoduc Keystone XL, censé acheminer du pétrole du Canada vers le Texas.   

                       « Comme une fusée … »

Deb Haaland s’est déclaré  déterminée à effacer les frustrations imposées pendant des années par l’administration Trump et à faire avancer l’agenda écologique. «Je serai combative pour nous tous, pour notre planète et pour tous nos espaces protégés», a-t-elle réagit en acceptant la nomination de Joe Biden.

Et elle ajoute : «Cet instant est profond si l’on se souvient qu’un ancien ministre de l’Intérieur a un jour proclamé que son but était, je cite, «de nous civiliser ou de nous exterminer». Je suis un témoignage vivant de l’échec de cette horrible idéologie.»

Les amérindiens pour la première fois aussi sans doute se sentent réintégrés dans la communauté américaine  par cette représentation  à Washington.

«  c’est un grand jour pour moi, pour mes nièces, pour  tous les Amérindiens de voir non seulement une des leurs, mais aussi une femme nommée à ce poste. Elle a brisé tous les plafonds de verre. C’est une fusée, elle ne cesse de s’élever, » déclare   Erica Pinto, responsable tribale  dans le comté de San Diego, a un quotidien californien.

                                     Jean-François Meekel

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