Le Comité Français A. Sousa Mendes et la Ligue des Combattants et Résistants Portugais ouvrent une page méconnue de l’histoire de la Résistance en France durant la Seconde Guerre mondiale

Dans notre région nul n’ignore le rôle fondamental des immigrés engagés dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais de quels immigrés parlons-nous ? Dans la majorité des cas, il s’agit d’Italiens, d’Espagnols, d’Allemands, d’Arméniens, de Polonais, de Juifs d’Europe et d’anciens Tirailleurs d’Afrique. Quid des Portugais.

Balayons devant notre porte. En vingt années d’existence, Ancrage n’a pas consacré une ligne au parcours de vie d’un combattant portugais engagé dans la résistance. Situation emblématique d’un oubli généreusement partagé par un grand nombre de nos compatriotes.

« Après la fin de la guerre, le rôle des étrangers  a été volontairement minimisé, voir ignoré. Concernant le cas des Portugais, il a été complètement occulté en France et surtout au Portugal par la dictature de Salazar, » explique Manuel Dias Vaz, vice-président délégué du Comité A. Sousa Mendes.

On recense 28.000 Portugais en France au début de la Seconde Guerre. Une majorité de travailleurs immigrés ainsi que des exilés politiques et quelques milliers d’anciens soldats du Corps Expéditionnaire Portugais engagés dans la Grande guerre (1914-1918) et qui avaient fait le choix de s’établir dans le pays. On compte en outre 2600 exilés Portugais en France à la suite de la Retirada en 1939, consécutive à la guerre d’Espagne et la prise du pouvoir par le dictateur Franco.

« Ces Portugais se sont engagés en Espagne pour défendre la République contre le coup d’état des forces fascistes insurgées » poursuit Manuel Dias. En 1939 ces combattants ont été internés dans des camps « avec leurs frères d’armes espagnols ».

Lors du regroupement des Internationaux à Gurs, fin avril 1939, le groupe portugais présente un effectif de 349 individus (Revue exils et migrations ibériques 2020).

Nombre d’entre eux s’ engagent ensuite dans la résistance française.  Des travaux de recherche conduits en France, en Allemagne et au Portugal révèlent que parmi eux, plus d’une centaine ont été déportés dans vers des camps nazis.

Les conférences (lire le programme ci-contre) initiées à la fin de cette année 2021 et qui se poursuivront en 2022 ont pour but de mettre en lumière l’engagement de ces combattants. Elles seront accompagnées d’une exposition. De plus, en 2022 et 2023, plusieurs interventions seront organisées dans les collèges, les lycées, les universités en accord avec le Rectorat, le Conseil régional et les Conseils départementaux sensibles à cette démarche. « A tous ces combattants et résistants restés dans l’ombre  nous devons  respect et reconnaissance pour leur engagement au service de la liberté » affirme Manuel Dias Vaz. Un hommage qui résonne comme une invitation à soutenir cette démarche bienvenue.

Pour en savoir plus : comite@sousamendes.org

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