Il n’est certes jamais trop tard pour bien faire et Sandra Patron, la directrice du CAPC, Centre d’art contemporain de Bordeaux a volontiers reconnu le rôle d’incitateur, d’aiguillon de l’association Mémoires et Partage animée par Karfa Diallo. Le 13 mai donc dans le cadre plus général de la 11eme édition des journées de la mémoire (voir par ailleurs le programme détaillé sur ce blog), une plaque mémorielle a été dévoilée sur la façade de l’entrepôt Lainé qui abrite depuis plus d’un demi-siècle (1973) d’abord le Centre d’art plastique contemporains devenu en 1984 le Musée d’art contemporain de la ville de Bordeaux rejoint en 1981 par Arc en rêve, centre d’architecture.
Pour la directrice du Capc, qui fut la seule à intervenir – la nouvelle élue bordelaise à la Mémoire et la Culture n’est arrivée qu’à la fin de la cérémonie – un bâtiment «n’est jamais neutre et il faut regarder l’histoire en face» et de rappeler que plusieurs expositions récentes ont
Abordés le thème du colonialisme. Et en effet une manifestation intitulé Blackground : murmures des Mornes , une exposition au Capc mais aussi au Frac, au Musée d’Aquitaine, à la bibliothèque municipale, aux archives municipales et aussi à Zebra 3. «Une manifestation qui «rassemble prés d’une cinquantaine d’artistes qui travaillent à partir des survivances de l’esclavage colonial.» A voir et vivre du 12 juin prochain au 28 mars 2027.
Une plaque mémorielle donc plutôt discrète à droite de l’entrée du bâtiment, qui rappelle l’histoire de cet entrepôt où furent stockées les denrées provenant du commerce triangulaire et qui fut érigé avec l’appui du vicomte de Lainé ((1768-1835) élu à la chambre des députés, ministre de l’Intérieur, descendant d’une famille girondine qui possédait et des propriétés et des esclaves aux Antilles et qui donna son nom à l’entrepôt. (1)

Jean-François Meekel
1: Pour plus de précisions, voir la fiche Lainé du Guide du Bordeaux colonial rédigé par l’auteur de ces lignes.
