Carnet noir, Villeneuve-sur-Lot, Sainte-Colombe-de-Villeneuve
Le Docteur Patrick Jammes est décédé à l’âge de 78 ans. Il était connu pour son
dévouement auprès de la communauté harkis du camp de Bias, où il avait exercé
pendant trois décennies.

Le docteur Patrick Jammes en compagnie de ses anciennes patientes à la Cité d’accueil des rapatriés algériens (Cara) de Bias. © Crédit photo : Photo archives Jérôme Souffrice.


Le Docteur Jammes n’est plus. Médecin généraliste, il avait exercé en Grand
Villeneuvois, notamment auprès des harkis du camp de Bias, dès les années 70.
“Digne héritier du serment d’Hippocrate, Patrick Jammes n’a eu de cesse, au-delà
d’exercer la médecine, d’alerter les pouvoirs publics sur les conditions de vie et
d’existence des familles de harkis en France. Véritable “french docto”r au camp des
harkis de Bias, Patrick Jammes avait fini par devenir un fervent défenseur des
familles de harkis dans le Sud-Ouest de la France” salue le Comité Harkis et Vérité
via un communiqué.
En 2012, il avait sorti un livre, “Médecin des harkis au camp de Bias”, aux éditions
L’Harmattan, où il racontait sa vie de docteur des déracinés d’Algérie. “Les regards
sur le “camp de Bias” restent multiples, polémiques et chauds. Le livre raconte trente
ans du vécu d’un médecin généraliste au dispensaire du centre d’accueil de Bias,
refuge de harkis en grande difficulté physique et morale. Trois époques caractérisent
l’évolution du site : la militaro-coloniale, la favélisation municipale et les révoltes des
camps, grèves de la faim et manifestations diverses” pouvait-on lire sur la quatrième
de couverture.
Jusqu’à la fin des années 1990, le docteur Patrick Jammes a accompagné les harkis
de Bias et leurs familles dans leurs projets de vie. “J’essayais de gérer une situation
extrêmement difficile mêlée de ressentiments, de violences, d’alcoolisme, de
traumatismes dus à la guerre et de misère sociale. Pendant des années, mon rôle a
consisté à la fois à soigner les gens sur le plan physique mais également à faire
office de confident et à tenter de les aider au plan psychologique afin d’amadouer
leurs traumatismes” témoignait le docteur Jammes dans ce livre.
Ses obsèques auront lieu samedi 14 janvier à 10h au cimetière de Sainte-Colombe
de Villeneuve.

Lire aussi le témoignage du docteur Patrick Jammes dans le N°8 d’Ancrage

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