L’association originaire de Bordeaux, Ovale citoyen, lance l’initiative “Drop dans les champs”. Celle-ci vise à favoriser le recrutement de travailleurs réfugiés par des agriculteurs aquitains en manque de main d’œuvre.

Par Maïté Koda Publié le 08/04/2020 à 12:41 Mis à jour le 08/04/2020 à 14:47

Pallier le manque de main d’œuvre dans l’agriculture avec l’embauche de réfugiés en Aquitaine, c’est le projet de l’association bordelaise Ovale citoyen, engagée pour l’insertion des plus démunis.  

Comment pallier aux besoins en main d’œuvre du monde agricole ? En mars, le ministre de l’agriculture Didier Guillaume a lancé un appel aux bonnes volontés, appelant tous ceux qui n’ont plus d’activité depuis la mise en place du confinement à “rejoindre la grande armée de l’agriculture française”.

Le ministre de l’Agriculture évoquait le chiffre de 200 000 emplois, alors qu’en cette période d’épidémie de coronavirus, les travailleurs saisonniers qui arrivent chaque année de l’étranger, n’ont pas la possibilité de venir.
 

                De nombreux volontaires

Jean-François Puech, a bien une idée pour les pourvoir. Cette idée, il l’a surnommée : Drop dans les Champs.
Le fondateur de l’association Ovale citoyen, qui aide à la réinsertion des exclus rappelle que parmi les réfugiés statutaires, nombreux sont ceux qui sont volontaires pour travailler.

“Nous on veut mettre en place une plateforme de l’emploi. Les chambres d’Agriculture pourront faire remonter les besoins précis des agriculteurs.
Ensuite on contacte les différentes associations de la région, on monte les dossiers administratifs pour tous les candidats”.

 

Cette solution permettrait aux agriculteurs de bénéficier d’une main d’œuvre prête à travailler et extrêmement volontaire.
Jean-François Puech, fondateur Ovale citoyen


L’association prévoit également de se coordonner avec les maires ruraux afin de pouvoir organiser le logement et l’intendance des travailleurs réfugiés.  L’opération, encadrée en termes de normes sanitaires et de droit du travail, a reçu mardi l’aval de la préfecture.
 

                                Intégration en zone rurale

Mais Jean-François Puech veut voir plus loin que des besoins économiques à court terme. “On a beaucoup de personnes qui ne demandent qu’à bosser. Mais cette action, c’est à la fois de la réinsertion et de l’intégration.
 

On peut très bien imaginer que deux ou trois travailleurs installés dans une commune rurale, parce qu’ils s’y plaisent et ont du travail, décident de s’y installer.
Cela permettrait aussi de repeupler et relancer des villages à l’agonie.




L’association Ovale citoyen s’est spécialisée dans la réinsertion des exclus par le sport, notamment le rugby. Côté politique, l’association a pu compter sur l’appui de la députée de la Gironde Catherine Fabre (LREM).
Drop dans les champs a également reçu le soutien de plusieurs clubs de rugby de renom, dont la section paloise, l’UBB, ou encore le SU Agen, ainsi que de la Ligue et la Fédération.
 

                                    Contacter l’association

“On peut compter sur leur réseau de communication, et on sait que parmi leurs supporters se trouvent beaucoup de personnes qui vivent en milieu rural, et auront peut-être des besoins en main d’œuvre”, espère Jean-François Puech, lui-même ancien rugbyman.

Les agriculteurs en recherche de main d’œuvre ou les réfugiés volontaires pour l’opération sont invités à contacter l’association via sa page Facebook.
 

Inquiétude sur les conséquences du confinement sur les plus précaires

Les effets du confinement sur les plus précaires sont désastreux, s’inquiète Jean-François Puech. L’association organise la distribution de colis alimentaires pour les plus démunis dans son local situé au 59 cours de l’Yser à Bordeaux. “Mardi, nous avons distribué des colis pour 330 personnes. Et il y avait parmi elles beaucoup de gens qu’on n’avait pas l’habitude de recevoir : des femmes, seules ou mères célibataires, des travailleurs précaires…” 

Les besoins sont très importants. Le responsable associatif en appelle à la grande distribution, mais aussi à la Région et au département. “Il faut qu’ils nous donnent accès à leur réseau, qu’ils relaient les appels aux dons… Il faut aussi qu’on puisse voir avec eux comment écouler les surplus des agriculteurs, comment avoir accès à des frigos dans des établissements scolaires par exemple… Nous devons nous mettre autour d’une table et réussir à coordonner tout ça.” 
 

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