Il fait pas bon être migrants, noirs, journalistes, manifestants pacifiques dans la France macroniéne de cet automne 2020 pas plus qu’il ne le fut en 2019 pour les dizaines de gilets jaunes estropiés par la police de Castaner et aujourd’hui de Darmanin. Les deux ayant d’ailleurs utilisés les services expéditifs d’un préfet qui s’est manifesté par l’usage d’une violence très peu graduée: M. Lallemant qui sévit, avec les dégâts que l’on sait, en Gironde avant d’être en quelques sortes récompensé par le poste de préfet de police de Paris, toutes choses n’étant pas égales par ailleurs, cela rappelle une autre ascension répressive de Bordeaux à Paris, celle d’un certain Maurice Papon.

Mais aujourd’hui nous assistons à un incroyable emballement, à une explosion de violences quasi quotidiennes, voir l’agression incompréhensible d’un homme noir dans le 17 éme à Paris, comme si les policiers se sentaient libérés par la loi votée la semaine dernière, et qui, entre autres, interdit toute diffusion d’images de policiers en action, le fameux article 24 de la loi dite de sécurité globale, une tentative de nier l’évidence de la violence policière. Que se passe-t-il au sommet de l’état? On a du mal à croire qu’il s’agit d’aller chercher des voix de droite dure pour faire pièce au Rassemblement national en 2022. Nous publions ce dessous la lettre de la responsable de la Cimade après l’intervention lundi contre un campement de migrants place de la République à Paris. JF Meekel

Elles n’étaient pas floutées, ces images de l’évacuation qui a eu lieu lundi soir place de la République à Paris et que vous avez certainement vues. Elles ont révélé la vérité crue, insupportable, du sort que réservent les pouvoirs publics aux personnes exilées à la rue.  Ce soir-là, 400 migrant·e·s et réfugié·e·s, en errance depuis le démantèlement du camp de Saint-Denis, se sont rassemblé·e·s sous la statue de la République.  Soutenues par des associations, des élu·e·s, des avocat·e·s, ils et elles voulaient alerter sur leur situation et demander, simplement, une mise à l’abri digne de ce nom.  Les forces de l’ordre ont répondu par des charges successives, du gaz lacrymogène, des tirs de LBD (lanceur de balles de défense), des grenades de désencerclement… 
un déchaînement de violences décomplexées! Les personnes exilées, sorties de force des tentes dressées sur la place, ont été frappées et pourchassées dans les rues alentour. 
Celles et ceux qui étaient venu·e·s les soutenir ont été bousculé·e·s, maltraité·e·s…    Alors que depuis 5 ans, les évacuations brutales se succèdent, lundi soir, le pays des Lumières est tombé dans l’obscurité.   Rompre avec ces violences et assurer la dignité de tou·te·s est une urgence absolue !  Aux côtés d’autres associations et de collectifs de sans-papiers, La Cimade exige la mise en place d’une solution immédiate d’hébergement pour les migrant·e·s à la rue, la régularisation de leur statut et la fin du harcèlement policier dont ils et elles sont les victimes invisibles.    Merci de vous joindre à nous pour appeler à plus de solidarité, de justice sociale et de respect des droits humains.  
Ségolène Lavernhe,
Directrice du développement des ressources privées, communication et sensibilisation

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