Une brochure de 1954 faisant la publicité de l'Hôtel National de La Havane, à Cuba, pour promouvoir le tourisme.

Le 29/10/2021

La Havane a-t-elle été une ville États-Unienne ?

https://www.franceculture.fr/emissions/sans-oser-le-demander/la-havane-est-elle-une-ville-etats-unienne?actId=ebwp0YMB8s0XXev-swTWi6FWgZQt9biALyr5FYI13Op5PQwv4eLwuBR8nw116tr5&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=689813#xtor=EPR-2-[LaLettre29102021]

C’est à l’issue de la guerre d’indépendance contre les colons espagnols que Cuba passera sous le contrôle des États-Unis, qui feront de La Havane, durant toute la première moitié du XXe siècle, l’île de tous les plaisirs.

Quelle est l’histoire de la capitale de Cuba, La Havane, de sa fondation à la révolution castriste en 1959 ? N’est-elle pas intimement liée à celle des États-Unis, ce puissant voisin qui a longtemps considéré l’île comme son protectorat ou plus précisément, comme une destination privilégiée pour le tourisme et le commerce illégal ? Car si la culture de la canne à sucre et du tabac est certes la principale exportation vers les Etats-Unis, ce n’est pas uniquement pour ses ressources naturelles que les Américains se sont implantés à La Havane. Connue pour être le bordel à ciel ouvert de toute l’Amérique, dont les hôtels de luxe, les clubs et les plages privées attirent tout autant les soldats que les hommes d’affaires, La Havane peut-être considérée, de 1899 à 1958,  comme une ville américaine. Jusque-là, l’île était occupée par l’Espagne, qui, dès sa découverte par Christophe Colomb en octobre 1492, puis l’importation précoce d’esclaves africains, a fait de La Havane une ville marchande, fortifiée dès 1670, dotée d’un port stratégique et d’une architecture baroque qui rend compte de son rayonnement dans la région. Une fois libérée du joug des Espagnols, et ce grâce au concours des Américains, la ville passe tout de suite sous le contrôle des États-Unis qui n’hésitent pas à dissimuler leur interventionnisme par l’instauration de régimes dictatoriaux avec notamment en 1952, le coup d’État du sanguinaire Batista. Sous l’image de La Havane comme d’un refuge de l’insouciance et de la fête, gronde une puissante révolte sociale qui servira de terreau à la mise en place du régime communiste par les hommes de Fidel Castro.

  • L’invité : Emmanuel Vincenot, professeur à l’université Gustave-Eiffel, spécialiste de l’histoire du cinéma hispanique, cubain et d’Amérique latine et auteur d’Histoire de La Havane, publiée en 2016 aux éditions Fayard.

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