Le lien mortifère entre l’économie libérale mondialisée et la survie  de notre petite planète est en train d’être démontré in vivo, grandeur nature. Quelques signes : le premier fut la découverte depuis les satellites de la Chine et des grandes agglomérations débarrassées de leur couche de pollution, la Chine nettoyée en deux mois de ses émissions de dioxyde d’azote qui, rappelons-le au passage font sur la durée beaucoup plus de victimes que le coronavirus Covid 19 avec un coût économique très conséquent. En 2016, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estimait que 4,2 millions de personnes dans le monde étaient décédées de manière prématurée en raison de la pollution ambiante de l’air extérieur qu’elles respiraient (maladies cardiovasculaires et respiratoires, cancers).

                                  Réduire les canaux de circulation

Fermons la parenthèse. Concernant la dépollution, même observation en Italie au-dessus de la plaine du Pô, idem à Paris où selon Airparif qui mesure la pollution de la capitale, les émissions de dioxyde de carbone ont diminué de 60% dès la première semaine de confinement. Autre conséquence spectaculaire, la fermeture des aéroports, celui d’Orly depuis mardi dernier. Le transport aérien à bas coût, est le symbole de l’emballement contemporain mêlant paradoxalement sentiment de liberté et aujourd’hui circulation généralisé et ultra rapide des virus mortifères.   

« Les infrastructures jouent un rôle central : les maladies peuvent rapidement se répandre entre les villes grâce aux infrastructures de la mondialisation, comme les réseaux de voyage aérien », selon un avis d’expert cité dans The Conversation. « La propagation ultrarapide et la diffusion mondiale d’un nouvel agent pathogène ne peuvent être exclues en 2021 ou en 2022. Une manière de commencer à s’en protéger serait de drastiquement réduire ses canaux de circulation. Et donc, pourquoi pas de sérieusement limiter les allées et venues en avion, en particulier les vols long-courriers. »se demande Mediapart.

                Développement du trafic aérien incompatible  

Rappelons que le trafic aérien est une source minoritaire mais croissante  et constante , d’émissions de gaz à effet de serre. L’aéroport Charles-de-Gaulle émet à lui seul autant de CO2 que tous les poids lourds circulant en France métropolitaine, selon les calculs de l’Ademe. Plus de 30 millions de tonnes de dioxyde de carbone sont rejetées chaque année par des activités imputables à l’aérogare, si l’on prend en compte l’intégralité des vols long-courriers, ainsi que les émissions liées à l’extraction et à l’acheminement des carburants.

Or, le groupe Aéroport de Paris projette de fortement développer l’activité de l’aéroport Charles-de-Gaulle pour atteindre 120 millions de passagers annuels d’ici 2037. Outre les nuisances sonores contre lesquelles se mobilisent les riverains, à combien s’élèvera ce bilan carbone si le nombre de passagers augmente de 67 % en 20 ans ? Cela correspond à une hausse de 2 à 3 % du trafic par an. L’efficacité énergétique des avions s’améliore certes, l’intensité carbone des appareils diminue moins vite que l’augmentation prévue des voyageurs. Les engagements de l’industrie à réduire ses gaz à effet de serre d’ici 2050 reposent en partie sur du vent. Bref conclue le papier de Médiapart . Le business as usual de l’aéroport Charles-de-Gaulle n’est pas compatible avec le monde d’après, bas carbone et détoxifié, que l’on aimerait voir surgir de la catastrophe du Covid-19.

                                 Jean-François Meekel

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