Kathleen Wuyard

Depuis la chute du pays aux mains des talibans, les Afghanes sont en première ligne des mesures répressives, malgré les promesses de “changement”. Plutôt que de voir leur droits bafoués en silence, elles ont le courage de défier le nouveau régime, notamment par le biais de leur vêtements.

Souvenez-vous: lors de la précédente montée au pouvoir des talibans, dans les années 90, une des premières images qui venait à l’esprit lorsqu’on évoquait le pays était la silhouette fantomatique des Afghanes entièrement dissimulées sous leurs burqas bleues.

Et si, cette fois, les partisans du mouvement créé par le Mollah Omar jurent avoir changé, et vouloir un régime “inclusif”, dans les faits, entre exclusion des femmes du nouveau gouvernement ainsi que d’autres postes publics, ségrégation des sexes à l’université et voile obligé, difficile de dire ce qu’il y a de différent dans leur approche de la gente féminine.

Les femmes cachées sous leurs burqas

Ce qui a changé, par contre, en 2021? Grâce, notamment, à l’avènement des réseaux sociaux, il est plus simple pour les voix contestataires de se faire entendre. Et si, ces dernières semaines, certaines femmes n’ont pas hésité à descendre dans les rues de Kaboul pour revendiquer leurs droits au péril de leur sûreté, en ligne, elles sont de plus en plus nombreuses à poser vêtues des tenues traditionnelles de leur région d’origine, pour protester contre le nouveau code vestimentaire imposé aux Afghanes par les talibans.

Enfin, “nouveau”: en respect de leur interprétation extrêmement stricte de la loi islamique, ils prônent, comme lors de leur précédent passage au pouvoir, une absence totale de maquillage ainsi que le port d’une abaya noire, masquant entièrement le corps ainsi que le visage de celle qui la revêt.

Un retour en arrière inadmissible pour le Dr Bahar Jalali qui jusqu’il y a peu encore enseignait l’Histoire à l’Université américaine de Kaboul, et a décidé de rappeler à quoi ressemblait la véritable “culture afghane” en posant vêtue d’une tenue traditionnelle aux couleurs vives sur son compte Twitter.

Un post liké à plus de 22.300 reprises à l’heure d’écrire ces lignes, la robe vert émeraude du Dr Jalali ayant poussé de nombreuses afghanes à poser elles aussi en tenues traditionnelles, pour rappeler que contrairement à ce qu’a affirmé une poignée de manifestantes en abaya dans les rues de Kaboul ce 11 septembre dernier, la “vraie femme afghane” ne se cache pas sous des tissus qui la rendent invisible aux regards extérieurs

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Entre #AfghanistanCulture et #DoNotTouchMyClothes, sans oublier le plus poignant, #FreeAfghanistan, les cris de ralliement se multiplient en ligne. Manière de rappeler que si les troupes alliées se sont retirer du pays, pour celles et ceux qui y restent, le combat ne fait malheureusement que commencer.

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