Bientôt un an que nous vivons dans cet environnement sanitaire qui contraint nos vies dans l’espace, dans les affects, nos visages réduits au regard, nos déplacements codifiés, nos embrassades interdites, nos mains lessivées comme jamais. Pendant ce temps là, le cirque médical va bon train, la course au vaccin bat des records, de vitesse de mise au point et de coup de bourse. L’économie tenue à bout de bras à coup de dizaines de milliards trouvés sous la planche à billets, des projections sociales catastrophiques, mais pas le début d’une réflexion sur les causes de ce mal, en tout cas chez nos hommes politiques dont le seul objectif consiste à relancer la machine, celle à perdre. Enfin, pas pour tout le monde !  Ceux qui ont déjà perdu, ce sont les plus de 50.000 morts en France, ces pauvres vieillard-e-s (le plus souvent des vieillards d’ailleurs)  dont on ne donnait de toute façon pas cher de leur vie, déjà pas loin du bout.

Alors, paradoxe, quel paradoxe ? Celui qui concerne la surmortalité, finalement pas si importante que le climat de terreur collectif laisse entrevoir. La surmortalité, c’est la comparaison chiffrée des morts entre deux périodes comparables, in et hors pandémie. Prenons le mois de mars, quand la surmortalité est de 18% sur le plan nationale (37% en Seine Saint Denis, le département le plus touché par la Covid car le plus pauvre !) la Nouvelle-Aquitaine se situe juste en dessous de 5%.

Sur la période longue, la surmortalité dans notre région est de 1100 décès mais avec de grandes disparités selon les départements. Et sans surprise, c’est le département dont la population est en moyenne la plus âgée comme La Creuse qui a le plus fort pourcentage de surmortalité, soit 9,2%. Le Lot-et-Garonne sans doute pour la même raison arrive de 2ème position avec 7%. Peloton serré à 6% pour la Charente -Maritime et les Deux-Sèvres, puis autour de 4% pour les Landes, Les Pyrénées-Atlantiques, la Corrèze et la Vienne.. « ce qui, compte tenu du faible nombre des décès, se situe dans les marges de fluctuation annuelles » écrit l’Insee à l’origine de ce travail. Et c’est là qu’arrive le paradoxe, trois départements ont un taux négatif, en particulier la Gironde avec -0,2%. Dans ces 4 départements d’une certaine manière , la Covid a sauvé des vies, en particulier par la réduction de la circulation automobile  et partant des accidents de la route par exemple, voir aussi par la réduction de la pollution globale.

Certes notre région est moins concerné par ce phénomène contrairement à la Chine où la mise à l’arrêt brutale de l’industrie dans le secteur de Wuhan dés janvier 2019 a très vite dissipé les nuages toxiques qui souvent enveloppent cette mégapole. Une étude allemande publiée dans la revue Cardiovascular Research  réalisée en 2003 » a corroboré le fait que dans certaines régions de Chine où la pollution atmosphérique est modérée, le risque de mourir de la maladie est 80 % plus élevé que dans les régions où l’air est relativement pur, tandis que dans les régions fortement polluées, le risque est deux fois plus élevé CQFD 

Jean-François Meekel

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