Un hommage, celui que Jean-Claude Guillebaud, dans sa chronique de dimanche dernier dans Sud Ouest,  rend  à la nouvelle défenseure des droits Claire Hédon. Au passage, pourquoi pas défenseuse, on fait bien d’un chanteur une chanteuse ! Guillebaud titre sa chronique « re bonjour la misère. »  Il rappelle d’abord que l’actualité a mis en lumière le retour de la grande pauvreté et l’aggravation …des violences policières. «. Aucun rapport entre les deux, pensera-t-on, écrit Guillebaud. À tort ! Une belle sensibilité́, celle d’une femme, les aura intelligemment reliés. Je parle ici de la nouvelle Défenseure des droits, Claire Hédon, nommée le 22 juillet dernier en remplacement de Jacques Toubon. »

                           La lumière sur l’affaire Théo

 Et le chroniqueur de faire allusion à l’affaire concernant l’interpellation violente de Théodore Luhaka, plus connus dans les médias sous l’appellation affaire Théo. Pendant 3 ans, une équipe de juriste a poursuivi une enquête en ayant en particulier accès à la totalité du dossier et dont Claire Hédon, au titre de défenseure des droits a tiré des conclusions sévères pour les policiers incriminés. La liste des manquements et des comportements contraires à la déontologie des forces de l’ordre, à tous les niveaux de la hiérarchie, est ahurissante. Réexaminant les choses avec minutie, la décision rétablit l’enchainement exact des faits. Y compris ceux qui avaient été maquillés, dissimulés ou minimisés. Y compris une très grave blessure infligée au jeune Luhaka au niveau de l’anus. Devant cette scène, plusieurs personnes s’étaient indignées du comportement des policiers. Elles avaient été éloignées, soit par l’envoi d’une grenade de désencerclement, soit par un violent coup de pied, soit par le tir d’une balle de défense (LBD). Tout cela en violation confirmée du code de déontologie.

Le lien avec la pauvreté demande JC Guillebaud, c’est  le fait que Claire Hédon vient de l’association ATD Quart Monde, qu’elle dirigea jusqu’à sa récente nomination. Elle y a débuté comme bénévole en 1993 puis occupé différents postes de responsabilité jusqu’à la présidence en 2015. Elle s’est toujours élevée  contre le mépris des pauvres , la pauvrophobie.

                       « L’activisme obsessionnel du préfet Lallement »

Quant au lien entre pauvreté et violences policières, poursuit Guillebaud, il se trouve que nous en avons déjà eu une confirmation lundi dernier, à Paris, avec l’évacuation d’un camp de migrants, place de la République et le passage à tabac, samedi dernier, d’un producteur de musique. La presse dans son ensemble s’est indignée de l’acharnement violent, haineux, des forces de police. Le ministre de l’Intérieur, entre deux coups de menton, a suspendu trois policiers et demandé une « enquête ». Son activisme répressif et celui – obsessionnel – du préfet de police de Paris Didier Lallement, ne promettent rien de très bon aux pauvres. La Défenseure des droits sera encore sur la brèche.

Et le confrère de finir par ces mots : Merci madame !

J’ajouterai que ce poste de défenseur ou défenseuse des droits a été crée en  2008, c’est une autorité administrative indépendante, nommée par le président de la République pour un mandat de 6 ans non renouvelable, en charge de défendre les droits des citoyens  face aux administrations, elle dispose également de prérogatives particulières en matière de promotion des droits de l’enfant, de lutte contre les discriminations, du respect de la déontologie des activités de sécurité. Dominique Baudis en fut le premier président avant l’étonnant jacques Toubon, chiraquien bon teint qui s’est mué en  défenseur extrêmement radical des droits et le plus souvent aux dépens de son ancien camp politique. 

                            Jean-François Meekel

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