Pierre Sartor fut chercheur au CNRS et membre de la Fondation Sciences Citoyennes. A la retraite depuis de nombreuses années, il n’a pas pour autant renoncé. Renoncé à être  ce que l’on appelle aujourd’hui un lanceur d’alerte. Il a publié notamment en 2012 un ouvrage qui dénonce le  brevetage du vivant et en particulier Monsanto. Il est même persuadé,  sans en avoir eu la preuve, de figurer sur le « fameux » fichier Monsanto comme des journalistes, des personnalités du monde politique, syndicale et scientifique opposées peu ou prou aux pratiques de la multinationale. Il fut lui-même victime direct d’un des produits phare de Monsanto, le Roundup à l’origine d’une hypo testéronémie

Dans son collimateur également, celui qu’il nomme Coco Lajoie dans ce texte, a savoir Claude Allègre, ministre de l’Education nationale, de la Recherche et de la Technologie (1897/2000) dans le gouvernement Jospin. Pierre Sartor dénonce alors la réforme de la Recherche mise en place en 1997 qui bannissait le « principe de précaution pour ouvrir le paradis de l’innovation…à tout prix ». écrit-il. Des critiques qui lui ont coûté assure-t-il un poste de directeur de recherches en 1998.

Pierre Sartor a confié à Ancrage un extrait d’un texte intitulé avec humour Anthropocène du crime qui cherche d’ailleurs un éditeur. Pierre Sartor montre avant l’heure que ce qui nous arrive aujourd’hui avec ce virus qui met la planète à l’arrêt n’a d’autre responsable que l’homme, cet anthropos dont l’activité frénétique et le pillage des ressources a ouvert la boite de pandore dans laquelle se trouvent entres autres ces virus galopeurs sur nos avions fous. Suivons le chercheur sur la piste de la scène (cène)  du crime. JF Meekel    

Anthropocène du crime.

L’Anthropocène !!!  C’est quoi ???

         Mot  bizarre, mot barbare, vocabulaire prétentieux et inaudible pour certains citoyens ; mot nouveau c’est incontestable. Mot terrible ou merveilleux, car il dit que ce qui arrive au monde, à la planète, c’est à l’Homme qu’on le doit.

         L’Homme Maître de la géologie, de la planète, du monde…

         Tout autant exaltant qu’oppressant.

         Maîtriser le monde est à la fois un souhait de sage et un rêve de fou. Un rêve de sage et l’espoir d’un fou.

Mais, est-ce volontaire ou fortuit ?

Est-ce un plan longuement affiné ou un enfant non désiré ?, un artéfact ou un cadeau empoisonné ? Où se trouve la boîte de Pandore ?

Rappelons-nous les annonces incantatoires pour « l’innovation… l’innovation…» précédant le lancement de la réforme « Allègre » de l’Enseignement Supérieur et la Recherche » en 1998. Souvenons-nous aussi de cette fameuse déclaration du même « Coco Lajoie » enjoignant les chercheurs à y aller franchement : « Principe de précaution…Piège à Cons ». Enfin, une dernière note d’optimisme et d’encouragement des maîtres de la « Propriété Industrielle et Intellectuelle » appelant, à cette époque, les chercheurs à travailler pour eux : « venez, venez… quitte à y laisser un peu de votre âme ».

De quoi s’agit-il en fait?

De s’approprier l’usine la plus efficace, et la plus extraordinaire qui soit : Le VIVANT.

                   Mais, qu’est-ce que le VIVANT ?

Le vivant c’est l’ensemble des éléments chimiques de la planète équilibrés en des ensembles indépendants ayant interagi depuis environ quatre milliards d’années. Il est l’éloge de la différence et de la complémentarité. Ce processus peut être appelé « Equilibre Métastable ». Il explique l’évolution des espèces proposée par Darwin. Il explique notre présence, celle des lapins et de l’herbe qu’ils mangent. Mais s’il n’est pas figé dans tous ses aspects, on peut pourtant affirmer que la « coexistence » est l’axe structurant fondamental. Les équilibres disparaissant  ne sont plus des équilibres. Ce n’est pas à cette logique que l’on peut rattacher un certain nombre des phénomènes observés depuis quelques temps avec l’accélération des changements climatiques, et l’élément fondamental de cette rupture de l’équilibre est l’intervention de l’espèce humaine.

Qu’en est-il de l’organisation de la société humaine ?

Comment va la Cité ? comment vont les citoyens ?

Rappelons cette vérité fondamentale que nous a légué Platon : « La perversion de la Cité commence par la fraude des mots » ! Quelle vérité essentielle !!!

 Nous allons voir comment cette perversion peut se manifester.

Le progrès scientifique  et technique est l’outil essentiel, indispensable à la société. C’est une vérité en première analyse, mais elle mérite de prendre le risque d’être « con » car il faut la manier avec précaution. Quelques fraudes de mots.

« Inventer le vivant ». 

« Vivre 1000 ans ».

Voilà deux promesses que nous ont faites les pseudo- scientifiques qui prétendent assurer notre bonheur pour pas cher. Voilà deux affirmations qui pourraient s’avérer non seulement fausses, mais potentiellement criminelles.

Ils appellent ce sac à malice le Transhumanisme.

Qu’y a-t-il au-delà de l’humanisme qui vaille la peine de laisser de côté le principe de précaution ?

Regardons de plus près.

Inventer le vivant…cela fait près de quatre milliards d’années que le vivant ne cesse de s’inventer. Par exemple, Monsanto invente les plantes OGM résistantes à son poison le « round-up ». Que fait la nature ? Elle invente le mécanisme de défense lui permettant de lutter contre ce poison. C’est ce qu’a fait l’Amarante, une plante fréquente sous nos latitudes. Monsanto n’a pas porté plainte pour contrefaçon, car la nature a su inventer son système de défense. D’autres plantes ont également réagi de cette façon.

Vivre 1000 ans… quelle perspective merveilleuse… sauf que.

Imaginez une réunion de famille dans quatre, cinq siècles…. Un département ne serait pas assez grand pour accueillir votre famille.

Oui ;… Platon avait raison. La fraude des mots est un poison violent pour la cité, pour la démocratie.

Ne laissons pas faire.

                   Ils pervertissent la Cité.

Où en est la réforme de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche programmée, lancée par Coco Lajoie  en 1998 ? Son but proclamé était la mise à disposition de la société de cet extraordinaire outil qu’est le progrès scientifique et technique par les innovations qu’il peut induire.

Poser la question c’est y répondre, car on peut se demander pourquoi les avantages sociaux, sociétaux, promis alors, sont si peu apparents pour les principaux intéressés. Les accros de l’innovation à tout prix vous diront cependant que la réforme a donné ses fruits, en caressant le paquet du Crédit Impôts Recherche (CIR) qu’ils ont encaissé et dont l’essentiel a alimenté les caisses des actionnaires et non les laboratoires de recherche.

C’est ce scandale que dénonçait le rapport d’une commission sénatoriale, rapport enterré par le Sénat, récemment.

Comme je l’ai écrit dans « Hold Up sur le Vivant », (1) l’Innovation à tout prix, a été l’arme absolue offerte aux «  marchands du temple ». Rappelons cette injonction d’une juriste parisienne : « Ne pas laisser tous les brevets sur les gènes aux américains », ou cette référence constante à l’enrichissement lors des deuxièmes rencontres internationales de la Propriété Industrielle (Paris, septembre 1999), rencontres adoubées par Coco Lajoie (cf. plus haut).

Récemment, de nombreuses émissions d’Elise Lucet ont montré l’efficacité du sauvetage des malheureux SDF (F=Fisc) réfugiés à Panama, en Irlande, au Luxembourg et ailleurs.

Enfin un paradis pour eux !

Cette volonté de protéger les faibles milliardaires s’accompagne d’une lutte tout aussi efficace contre les lanceurs d’alerte malfaisants, ces empêcheurs de manger en rond autour du menu métastable que représente l’usine du vivant. Laissez-les donc s’met à table.

La façon scandaleuse dont les lobbys ont tenté d’effacer les travaux de Gilles-Éric Séralini sur le glyphosate doit véritablement nous obliger à refuser les soi-disant « pièges à cons » au nom d’une science Mère de tous les progrès car elle peut être aussi mère du royaume de l’argent Roi, et c’est à nous de le dénoncer. Le principe de précaution est la règle d’or du progrès scientifique et du progrès sociétal.

La fameuse incantation de Coco Lajoie mettant l’innovation au-dessus de toute nécessité de critique (« principe de précaution, piège à cons »), est une déclaration de sémenteur. La seule vérité est alors d’ordre plus financier qu’économique. Le vivant est l’usine la plus efficace et il ne fait qu’innover depuis plus de trois milliards d’années.

 Cherchez la différence entre métastable et s’met à table….

Comment ?

La gestion et finalement une forme d’appropriation des richesses, de l’argent produit par le travail de tous les citoyens n’est-il pas un moyen de réaliser ce plan ? 

J’ai, par ailleurs, rappelé la rupture fondamentale installée par la dénonciation des accords de Bretton Wood. (2) C’est à mon sens le point de rupture de l’économie moderne, sa prise en mains définitive par le monde de la finance, américaine puis mondiale. Une vérification simple peut être effectuée.

La ville de Pessac (Gironde), quarante, cinquante mille habitants, n’avait, jusqu’en 1972, que trois banques ou succursales bancaires, il y en a autour d’une trentaine aujourd’hui. Cette explosion généralisée est l’outil qui va permettre la captation de la richesse mondiale créée par tous les citoyens, notamment en s’emparant de l’usine du vivant à qui nous devons d’être là.

Avec le « métastable, on « s’met à table ».

Pourquoi ne pas lancer une étude pour constater la réalité de ce phénomène ?

Y a du boulot !!!

Ne laissons pas pervertir la science !!! Cimentons les sémenteurs !!!

Car, déjà, les prémices du grand chambardement sont là !!!

Les incendies, en Australie, de ces derniers mois en sont l’illustration la plus évidente. Cela n’a pas coupé l’appétit de ceux qui veulent «  s’met à table » sous le prétexte que le mode de développement qu’ils proposent est garant du progrès social, même si le monde prend feu…

L’utilisation, par la destruction, des forêts amazoniennes pour produire les poisons OGM que sont le colza, le soja et autres « innovations » dues à cette science pervertie qui n’hésite pas à porter au pinacle la révélation de Coco Lajoie : « Principe de précaution…piège à Cons ».

Jusqu’où le fameux « principe de précaution, piège à cons » de Coco Lajoie va-t-il être encore sanctifié par les laudateurs de l’innovation à tout prix ???

Dénonçons les actes criminels qui découlent de « l’Innovation à Tout Prix », pratiquée par des individus qui veulent s’approprier cette usine extraordinaire qu’est le monde vivant.

Dénonçons la réforme de la Recherche mise en place en 1998, qui bannissait le « Principe de Précaution » pour ouvrir le paradis de « l’innovation …. à tout Prix». Ce prix, pour une part nous le payons aujourd’hui.

La dernière crise provoquée par le Corona virus n’a-t-elle rien à voir avec le « piège à cons » ?… et donc avec le bouleversement de l’équilibre « métastable » ?. Est-ce que les bouleversements écologiques actuels sont sans effets sur l’ « Equilibre Métastable » de la vie sur la planète et en premier sur les  formes les plus simples du monde vivant ? L’augmentation du gaz carbonique ne peut-t-il pas intervenir sur les armes d’attaque des virus? Ce n’est pas impossible …mais alors on ne peut pas oublier que l’attaque massive vient d’Asie et que la Chine est le plus gros producteur de cette molécule, symbole de la vie et étroitement liée à la mort aussi.

Avec ses près de dix milliards d’humains, regardons la planète vue du ciel et demandons-nous si cela est sans conséquence sur ce fameux équilibre qui est à l’origine de l’évolution, au niveau de la planète, en régulant les interactions entre tous les éléments de l’atome à la molécule à la bactérie au vivant sous toutes ses formes et donc à l’origine de notre existence.

Non !

 le principe de précaution n’est pas un « piège à cons » !!!

Refusons que l’on fasse du « métastable » un lieu qui pour certains permet de « s’met à table ».

Progrès social, mêmes droits pour tous les retraités, c’est l’argument de « sémenteurs » que le gouvernement utilise pour imposer sa réforme des systèmes de retraite. Il va balayer le modèle de citoyenneté le plus égalitaire existant sur la planète. Combien d’étrangers, d’américains en particulier, ont profité de l’exception française pour les soins de santé ??? Et pourtant, il se révèle que, derrière les flammes, derrière la désorganisation sociale, se profilent les nouveaux bienfaiteurs du genre humain… les nouveaux humanistes, les FONDS DE PENSION américains. Eh, Oui…

Souvenons-nous.

Il y a un peu moins de vingt ans, « France Télécom » rachetait « Orange », une entreprise américaine. Quelques années plus tard, on s’aperçoit qu’en fait c’est Orange qui s’est emparé de FT et, sous sa direction, le nombre de suicides dans l’entreprise explose. Orange est un fonds de pension.

Voilà l’avenir, l’universalité que l’on nous propose repose sur la bienfaisance de l’Argent Roi. 

 Cherchez la différence entre « métastable » et « s’met à table »….

Alors….

Aidons les Sans Domicile contre les Sans Domicile Fisc !!!

Aidons les migrants à corriger l’image désastreuse des colonisateurs s’emparant de territoires où ils ont posé leurs pieds. Les migrants ne volent rien. Ils ont eux-mêmes été spoliés !!!

J’ai, pour ma part, essayé d’apporter quelques pierres à cet édifice.

Conclusion.

Oui,

 le pied doit devenir le principe d’humanité pour bloquer l’Anthropocène du crime !!!

Il n’est plus, il n’est pas que le pied de l’envahisseur maître, mais il est, à près de 100%, celui d’une victime.

Respecter le pied, c’est respecter l’histoire et les droits de l’Homme.

Respecter le pied, c’est donner une chance à nos enfants !!!!

Respecter le pied, c’est respecter l’autre et c’est aussi se respecter soi-même.

Anthropocène du crime !!! 

Faisons que la science, la conscience, et non la finance soient maîtresses du vrai progrès et de l’avenir de l’humanité.

Tous libres et égaux ! 

C’est de notre responsabilité !

Nous le devons à nos enfants !

Et donc…

Pétition. Pour commencer.

Le Pied : Principe d’humanité.

Reconnaissons au pied le droit de propriété temporaire des quelques centimètres carrés qu’il occupe, à partir du moment où il ne les a pris à personne et où il va les quitter.

Les  questions afférentes à cette reconnaissance sont de l’ordre des organismes internationaux, de même que la mise en chantier d’un plan de sauvetage de la planète avant son implosion.

                          Pierre Sartor                                                                      

1 : Hold-up sur le vivant  Ethique& manipulations

Editions  Sang de la terre 2012

2 : Les accords de Bretton Woods, New Hampshire, USA (1944) réunissent 44 nations qui posent les bases d’un nouveau système économique mondial au sortir de la deuxième guerre mondiale. Deux des principales institutions internationales, toujours opérantes d’ailleurs, y sont créés : le FMI, fond monétaire international et la banque mondiale. Les accords de Bretton Woods reposent sur le rôle central du dollar comme monnaie internationale confirmant l’hégémonie de l’économie américaine. (NDLR)  

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