Art, politique, cinéma, radio, témoignages, débats : le printemps décolonial de Bordeaux s’il n’était pas dans les urnes ce dernier we est bel et bien au rendez-vous depuis mardi à la Halle des Douves.
Chloé Buire, chargée de recherches au CNRS et membre du LAM, Les Afriques dans le Monde, l’une des chevilles ouvrières de ce premier printemps décolonial a rappelé lors de la soirée inaugurale mardi que cet évènement est « le fruit de plus d’un an de questionnement sur l’usage du vocabulaire partagé et d’ateliers thématiques avec un objectif commun : mieux comprendre et transmettre l’histoire de la ville pour lutter contre les imaginaires racistes. » Un propos superbement illustré par le premier spectacle de la semaine, offert par le musicien (saxophoniste) Cheikh Tijaan Sow et la danseuse Khady Sarr intitulé « Fragments d’humanités » sur des chants ou des textes de Cheikh. Ils étaient également accompagnés par Momy Naomy Dieng à la kora, l’une des rares musiciennes ayant franchi ce Rubicon tant la musique instrumentale est traditionnellement réservée aux hommes et partant la danse aux femmes !
Mercredi jour de radio pour l’équipe du Guide du Bordeaux colonial et jour des enfants
Plusieurs émissions de la Cl » des Ondes enregistrées en direct aux Douves. D’abord avec les la diffusion de la production sonore Explodec réalisée par les élèves du master de géographie, un questionnement sur la sémantique autour du terme colonial/ décolonial. Deux excellents court films signés par les mêmes furent projetés l’après-midi apportant une belle preuve de l’implication de la jeune génération dans ces problématiques. Il fut également question dans la suite de l’émission du travail réalisé autour de la thématique par des élèves du collège expérimental Clisthène au Grand Pacc et aussi du travail des élèves du collège Pablo Neruda à Bègles autour des noms de rue de leur ville, travail qui sera à découvrir dans un court métrage diffusé vendredi. Preuves donc que l’initiative de l’asso du printemps décolonial à l’origine de ce projet a su irriguer, commencer tout du moins, à irriguer le territoire au-delà des groupes et associations déjà sensibilisés.
Jour des enfants donc avec l’atelier proposé par Aurelie Bambuck, scénariste journaliste co-auteure avec Corbeyran notamment de la bd Pacotille, l’histoire de l’esclavage racontée à travers celle d’une enfant surnommée Pacotille.
L’École des Beaux-Arts impliquée
« La prochaine fois le feu« , c’est le titre d’une exposition proposée par l’EBABX, l’école des Beaux Arts de Bordeaux en son domaine place St Croix sous la responsabilité de Jean-Charles Zébo, architecte enseignant à l’EBABX et qui a mobilisé ancien-e-s et actuelles étudiant-e-s de l’école autour donc de cette formule de James Baldwin the fire next time, la prochaine fois le feu, une expo à découvrir tout au long de la semaine place Sainte Croix.
; Enfin la soirée de mercredi s’est achevée avec le témoignage implacable de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, longtemps détenu dans les prisons israéliennes et aujourd’hui « déporté » en France et partant interdit de séjour dans son pays. Il a notamment témoigné des conditions actuelles de détention des Palestiniens dans les prisons israéliennes qui font frémir d’horreur. Il a raconté ses nombreuses années de détention dans un livre publié en 2023, Prisonnier de Jérusalem. Un détenu politique en Palestine occupée. Ed Libertalia
A venir ce jeudi, une série de concert, de performances déclamatoires, de pièce de théâtre, et même soirée dj en un nouveau lieu, le Bien Public.
Vendredi retour aux Douves avec une journée presque intégralement consacré à une rencontre avec les auteurs des nombreux guides des villes coloniales, (Paris, Périgueux, Marseille, Rouen…) journée clôturée par une conférence débat sur le thème Déboulonnons Bugeaud avec le politiste Olivier Lecour Grandmaison…
A suivre…
Jean-François Meekel
