Le 14 avril 1931 Commémoration du 95éme anniversaire de la proclamation de la 2eme république espagnole devant le mémorial pour les républicains espagnols de la base sous-marine à Bordeaux. Cette année, les quatre associations girondines de républicains espagnols s’étaient associées pour marquer l’évènement.
Souvenons-nous qu’à l’époque l’Espagne est un pays exsangue. L’Espagne des années 1920 est un pays très en retard et pauvre contrairement aux pays industrialisés, avec un grand taux d’analphabétisme et d’importantes divisions sociales et idéologiques. Les conflits se succèdent pendant cette période et les positions politiques souffrent d’une forte radicalisation.
Alors 2 millions d’agriculteurs sont sans terre quand 20 000 personnes possèdent la moitié de l’Espagne ; le clergé est constitué de 31 000 prêtres, 20 000 moines et 60 000 religieuses et il existe 5 000 couvents en 1930 ; quant à l’armée dans sa version mexicaine, elle compte 15 000 officiers et 800 généraux ; il y a un général pour 100 hommes. Enfin 8 millions d’Espagnols sont touchés par la misère et l’espérance de vie est de 50 ans
La justice sociale
Un échec de la monarchie qui perd les municipales d’avril 31, deux jours plus tard Les socialistes et les républicains décrètent l’expulsion de la monarchie et forment aussitôt un Gouvernement provisoire.
Très vite ce nouveau gouvernement s’attellent à des réformes fondamentales : séparation de l’église et de l’état, liberté de conscience, liberté syndicale, protection sociale, égalité devant la loi, égalité entre époux et femme, droit du sol etc. autant de règles qui nous paraissent aujourd’hui aller de soit même si la tendance est hélas plutôt à leur remise en cause. L’éducation fut aussi au centre de leurs préoccupations avec la création de milliers d’école surtout en zone rurale. Hélas on connait la suite.L’exemplarité et la modernité de cette république laïque, n’a pas plu aux réactionnaires fascisants. Et ce fut le coup d’état de 1936 sous la férule de Franco soutenu par les autres régimes fascistes d’Europe, l’Allemagne d’Hitler, l’Italie de Mussolini et le Portugal de Salazar et une guerre de 3 ans prélude à la deuxième guerre mondiale. La défaite, l’exil dans le cadre de la Retirada qui jeta près de 500 000 personnes sur les routes, En France, après avoir connu les camps de concentration et le travail forcé comme à Bordeaux pour la construction de la Base Sous-marine, beaucoup d’entre eux s’engagèrent dans la Résistance et participèrent aux débarquements et à la Libération de la France mais aussi de Bordeaux.

70 victimes sous le béton
Retour à la base sous-marine lieu de cette commémoration devant une stèle érigée en 2012, il y a donc précisément 14 ans à la mémoire des républicains espagnols qui furent contraint par l’occupant nazis de bâtir cet énorme bâtiment en béton de 42 000 mètres carré qui servit à cacher les sous-marins italiens et allemands. Sur la plaque ces mots : « A la mémoire des exilés républicains espagnols qui participèrent sous la contrainte nazie à la construction de cette base sous-marine.En particulier ceux d’entre eux qui périrent d’épuisement noyés ou ensevelis dans les profondeurs des fondations et aussi les autres travailleurs forcés des autres nationalités qui trouvèrent dans ce chantier dantesque un lieu de souffrance et de sacrifice.
On considère que 70 travailleurs forcés ont trouvés la mort sous le béton dont aussi des Français, des Italiens des Belges et des Néerlandais.
J F Meekel
A écouter ce mercredi 15 avril 13H sur la clé des Ondes 90.10 l’émission du Guide du Bordeaux colonial qui revient sur la commémoration de cette 2éme république espagnole et aussi sur l’hommage aux victimes du génocide rwandais et en podcast quand vous voulez sur le site de la radio.
