Dans ce nouvel essai d’une folle actualité, l’ancien directeur de l’hebdomadaire Politis où il publie encore chaque semaine un éditorial (1) par ailleurs spécialiste du Moyen-Orient à propos duquel il a écrit de nombreux ouvrages, vient de publier un nouvel essai intitulé La mauvaise cause. Les intellectuels et la propagande israélienne en France. (2)
Dès l’introduction, Denis Sieffert pose le cadre de ce 7 octobre 2023. « Il a d’abord été question du « droit d’Israël à se défendre » après l’attaque terroriste du Hamas et l’effroi suscité par les 1200 morts, les viols, les enlèvements, et par la stupeur provoquée par l’échec d’un système de défense réputé infranchissable. Puis le gouvernement israélien a imposé jusque dans l’espace médiatique français, l’idée d’un objectif improbable : l’éradication de l’organisation islamiste. (…) La tragédie du 7 Octobre était devenue un effet d’aubaine, et le gouvernement israélienne, cyniquement porté par ce massacre, allait tenter de réaliser le projet historique d’appropriation complète et définitive des terres palestiniennes. »

Influenceurs au-dessus de tout soupçon
L’essayiste, dans un premier chapitre intitulé « Dites « terroristes » ou taisez-vous ! charge la presse. Et de citer quelques exemples antérieurs où elle s’est globalement montrée raciste publiant pleine page des mensonges mais s’en tenant à des « rectificatifs discrets ». Et de citer l’affaire des supporters de foot israéliens à l’origine d’agressions racistes à Amsterdam qui ont dégénérés et dont de jeunes arabes furent désignés comme coupables avant que la justice elle-même rétablisse la vérité des faits. Concernant la qualification de 7 octobre d’acte terroriste, Denis Sieffert donne notamment la parole à un journaliste palestinien, Rami Abou Jamous : « Le terrorisme est partout, dit-il. Il est du côté du Hamas mais comment qualifier autrement cette guerre israélienne qui tue des enfants, par le feu, par la faim, par la destruction des hôpitaux et par des épidémie qu’on laisse se propager ? »
Puis dans d’autres chapitres, Denis Sieffert démonte le discours d’intellectuel-le-s qualifié-e-s « d’influenceurs au-dessus de tout soupçon. » Eva Illouz désignant l’ennemi, le wokisme et Gilles Keppel qui passe sous silence le sort réservé à la population de Gaza et à la colonisation de la Cisjordanie renvoie les palestiniens à une essentialisation religieuse, tout serait déjà contenu dans le coran et le vrai coupable serait Mahomet…Des analyses efficaces qui justifient d’aller lire le livre de Denis Sieffert. (3)
J F Meekel
1 Celui de ce jeudi 16 avril est intitulé « Orban, Poutine, Trump : trois défaire d’un coup » à propos, le titre est clair, de la chute de Victor Orban en Hongrie sèchement défait par un pro européen. Une victoire, certes d’un libéral mais pro-européen qui pourrait changer globalement la donne en Europe voire en France, la famille Lepen perdant un ardent soutien.
2 La proposition de loi Yadan, du nom de cette députée des Français de l’étranger, qui tendait à criminaliser toute critique du gouvernement israélien n’a pas été débattue aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Caroline Yadan ayant fini par accepter de retirer momentanément sa ppl, proposition de loi, qui devrait revenir en séance en juin mais sans doute sous une forme atténuée. Dans l’état actuel de la loi Yadan, toute critique du sionisme devenant juridiquement de l’antisémitisme. Plus de 700 000 personnes avaient signé une pétition pour s’opposer à cette loi liberticide.
3 Denis Sieffert était accueilli à Bordeaux par la librairie du Muguet, à l’Athénée libertaire. Son livre, La mauvaise cause, est publié chez Luz
