LES FILS DE LA LIBERTÉ

En 1920, Giuseppe Manfé a été contraint à l’exil politique en France, mais il n’ rien renier de ses convictions pour autant .Les prénoms de ses trois fils, Voglio, Esere, Libero, en sont la parfaite illustration. Ils résonnent symboliquement comme un triple cri en faveur de la liberté. “Je veux (Voglio) être (Esere) Libre (Libero)”.

ANGELINA, LA PETITE FILLE DU CURÉ D’ALDEA

Angelina Ripoll Sanchez est l’une des doyennes de la communauté des Rapatriés d’Algérie. Quand elle rend visite à ses parents lot et garonnais, chacun puise aux sources et aux racines espagnoles, alsaciennes, algériennes qu’ incarne cette grand-mère alerte à la mémoire surprenante.
Angelina Ripoll Sanchez porte avec élégance ses 93 printemps. Elle est la petite-fille du curé d’Aldea, province de Valence en Espagne. Pour éviter le scandale, son grand-père Salvador, issu d’une grande famille bourgeoise du Sud de la péninsule ibérique, avait été contraint à l’exil en Algérie au XIX° siècle.” Je préfère être un bon père qu’un mauvais curé” avait-il dit à l’époque.
Angelina, sa petite fille est née en 1911 à Saint Denis du Sig. Elle avait 42 ans à l’indépendance de l’Algérie quand elle s’est réfugiée en France. Elle réside aujourd’hui à Pézenas et rend régulièrement visite à la branche lot et garonnaise de sa famille.
Lorsque Angelina parle, le cercle de famille s’élargit autour d’elle. Ce professeur d’humanité n’a pas son pareil pour raconter avec humour et pudeur les événements importants, parfois tragiques, de la vie.

DINO BORDIN LE DÉFRICHEUR

Dino Bordin est de ces familles d’Italie qui ont peuplé le monde disait-on à l’époque des grandes mutations du début du XX° siècle.
Son père, Olinto, a parcouru l’Europe pour assurer la survie des siens. Ses trois oncles, frères d’Olinto, sont partis s’installer en Amérique du Nord pour deux d’entre eux et en Belgique. Une des sœurs a suivi outre-Atlantique. Dino, n’échappe pas au mirage du grand voyage. Mais lorsqu’il décide de s’exiler en France en 1946, les conditions ne sont plus les mêmes qu’à l’époque des migrations de masse. C’est un clandestin qui se présente aux autorités françaises, il est vrai peu regardantes sur sa situation. Ce qui ne lui évitera pas ultérieurement de buter sur d’importants écueils.

MARCE FŒCHTERLÉ, ALSACIEN ET « GASCON DE CŒUR ».

Marcel Fœchterlé ne pouvait admettre que le boulevard de la République à Colmar pût s’appeler AdolfHitlerstrasse. Libéré de ses obligations militaires après la débâcle de 1940, cet enseignant Alsacien dont la région venait d’être annexée au III° Reich, a vécu en Marmandais jusqu’à la fin du conflit. Durant les années noires, il a fait l’école aux enfants des Landes de Gascogne et aux réfugiés Alsaciens de ce coin du département. Il a aussi lié de solides relations avec les Lot et Garonnais qui l’ont adopté. Aujourd’hui encore, Marcel Fœchterlé, rentré au pays après la libération, conserve dans son cœur une pincée de Gascogne, son pays d’adoption.
En ce début de millénaire, l’ancien instituteur d’Houeillès et de Meilhan a rédigé ses mémoires sous le titre “Itinéraire d’un patriote réfractaire à l’annexion de fait. (Arrêté du 7 juin 1973 de l’office national des Anciens Combattants et Victimes de Guerre).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *