Non !

Ancrage n’était pas destiné à conduire une délégation du FLN ou de sympathisants FLN samedi 22 novembre dans les camps de la poudrerie. Sainte-Livrade, Casseneuil, Bias. En marge de la tenue des AOC de l’EGALITÉ prévus ce jour-là à Sainte Livrade-sur-Lot.

Oui !

Ancrage devait conduire une délégation de confrères, de citoyens de la société civile, de militants des AOC de l’égalité, acteurs pacifistes du lien social dans notre région depuis plusieurs années, dans le seul but de les sensibiliser aux conditions de vie innommables imposés aux milliers de Juifs d’Europe, Espagnols, Vietnamiens, Laotiens, Algériens, raflés, entassés, détenus dans ces baraques par les gouvernements successifs. Gouvernement de la collaboration, gouvernement colonialiste et post-colonialiste.

Non !

« Résistantes » n’est pas un documentaire « pro FLN. » « Résistantes » n’est pas un film « anti-harkis ». Ce n’est même pas le sujet. Le sujet, c’est un documentaire qui donne la parole à trois femmes engagées dans la guerre d’Algérie du coté des indépendantistes comme il en existe des milliers de par le monde y compris ici en Lot-et-Garonne. Nous avions sensibilisé les femmes de la communauté harkie qui devaient participer à ce débat contradictoire. Plusieurs nous avaient signifié leur volonté de s’exprimer. Aucune n’a suggéré de soumettre le sujet aux présidents AZNI et GASMI. Mais reconnaissons que nous n’y avions même pas pensé et que nous avons commis une erreur d’appréciation.

L’annulation des AOC de l’Egalité ne constitue pas un renoncement, mais une sage réponse aux menaces de mort et de destruction de l’Utopie.

Aux yeux d’Ancrage qui milite – par l’écrit – depuis une vingtaine d’années pour la restitution des parcours de vie des harkis, pieds-noirs, franco-algériens, militaires engagés dans la guerre, les menaces et la censure ne changeront rien à notre détermination.

Nous irons toujours au devant de nos compatriotes « des deux rives » – y compris et plus que jamais les familles de Harkis – et maintenons notre détermination à voir la programmation de « Résistantes » à l’affiche de l’Utopie.

Ancrage

(1) ou si vous préférez : infox, intox, mensonges, désinformation …

Courrier de lecteur

Devra-t-on désormais demander l’autorisation ?

J’ai suivi d’abord par la presse, puis à quelques mètres près ce matin
vers 10 h 45 près du cinéma et enfin cette après midi en repartant “en
colère” de l’annulation de la séance du film “Résistantes” et du débat
qui devait suivre.

Je me suis inventé des titres de presse explosifs :

“M Azni, nouveau directeur de la programmation de l’Utopie”,

“M Azni garantit l’exercice d’un bon devoir de mémoire”

Peu importe le bonhomme ou ce qu’il représente. Ce qui vient de se
passer est une première il me semble : l’intimidation paie.

Ce mouvement a obtenu en France, à Sainte Livrade précisément, que :

L’utopie, un lieu de culture pacifique et intelligent, de passeurs
d’idées et de culture partagée, d’ouverture d’esprit et de dissémination
de connaissances politiques et historiques, d’initiation au débat
citoyen renonce à sa programmation.

Ailleurs, ce sont des pouvoirs en place qui privent les asso de leurs
ressources, ici des “intimideurs” sont autant efficaces.

Je suis prêt à m’associer à des démarches de protestation contre ce
genre de procédés.

Ces associations harkies et leur cause font partie de “mon environnement
historique” depuis mon plus jeune âge : j’en comprends mille
soubresauts, j’en excuse mille et un revirements ridicules tant ils sont
pathétiques dans le choix orienté par le vent électoral… cela nous
regardait autant mais par accompagnement, compassion ou empathie.

Cette fois-ci, la ligne est dépassée. C’est impardonnable. S’ériger en
diktat pour détourner le droit d’accès à l’oeuvre et surtout au débat
ouvert à tous est inexcusable. Ces associations harkies ont franchi à la
fois symboliquement et de manière “manoeuvrières” un pallier interdit.

Elles m’ont interdit l’accès à l’information citoyenne, à un éclairage
pluriel, l’accès aux témoignages d’histoire et pire à la controverse
essentielle d’un débat, la possibilité contradictoire de ces actifs
mêmes pour intervenir de manière “libre” et pourquoi pas censée.

Ces associations ont détourné la possibilité de l’intelligence, m’ont
interdit l’accès à l’échange avec les personnes qui avaient quelque
chose à dire.

Les raisons qu’invoquaient ces associations sont délirantes d’exigences
et me font peur dans les règles qu’elles veulent voir imposer. « Venir
ici chez nous, en France, à 5 km du camp, on l’a pris pour une
provocation. Imaginez que je fasse un film sur les massacres du FLN et
que j’aille le présenter sans rien dire à personne en Algérie… »
Devra-t-on attendre que ce puisse être le cas pour voir “Résistantes” à
Sainte Livrade ?

Devra-t-on désormais demander l’autorisation à ces associations pour la
suite de la programmation ?

Le résultat est triste, j’apaise ici mes mots. Je n’aime jamais faire
un  tout d’une chose particulière.  Mais je ne regarde pas ici la cause
que défend ces associations, je parle du procédé d’abord, des mots
d’intimidation lus et rapportés dans la presse.

Le mot Honte est proche.

Il ne s’adresse pas à vous, les organisateurs, je suis à votre côté.
Honte d’oser user de tels procédés.

C’est pour moi, un précédent. Oui, il n’y aura rien eu, pas de dégâts,
pas de colères échangés ce jour dans la salle, mais à quel prix ?
L’Utopie démocratique qui nous porte s’efface, l’image est devenue floue
: qui a sa revanche dans cette démarche ? Ces associations ne se rendent
même pas compte à quel point elles desservent par ces agissements la
cause qu’elles aiment tant hurler.

Merci d’avoir programmé ce film, merci de m’avoir donné l’envie de le
voir et d’écouter voire débattre avec les faiseurs de démocratie. Ce
n’était finalement qu’un mauvais générique de fin, je n’ai eu que la
bande-annonce.

La démocratie s’est tu ce jour, elle s’est voulue précautionneuse et
plus intelligente que les “intimideurs” : qu’ils sachent que Venir à
Sainte Livrade voir un film deviendra peut-être un acte de résistance à
la bêtise et à l’oppression. c’était jusqu’à présent un acte de liberté
et de rêve.

A très bientôt.

Très proche de vous. Ma colère s’apaisera avec la nuit.

Pierre Jeanneau.

Lire par ailleurs les communiqués et articles de presse. Sud-Ouest Dimanche, Sud-Ouest des lundi 25 mardi 26 et mercredi 27 novembre. La dépêche du Midi 24-25-27 novembre.

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