Le conseil municipal a voté vendredi pour que l’école primaire du 3ème arrondissement porte désormais le nom d’Ahmed Litim, un tirailleur algérien libérateur de Marseille. Il remplacera celui de Thomas Bugeaud, qui a joué un rôle décisif dans la colonisation de l’Algérie

Publié le 21/05/2021 à 07h59 • Mis à jour le 21/05/2021 à 14h56

Un dernier conseil municipal largement consacré au drame de la rue d’Aubagne • © Elodie Pépin

Bouches-du-Rhône Marseille

Marseille pourra se rassembler dans une vision partagée de notre mémoire où chacun retrouve une part de son récit dans le récit national“, avait écrit Benoît Payan hier sur Twitter. 

“Une école ne peut pas conserver ce nom car nous ne pouvons ni l’expliquer ni le justifier à nos enfants. A l’école on apprend à écrire, à lire, on apprend notre histoire“.

La Ville de Marseille fait donc, comme il l’explique, le choix d’honorer “l’un de nos libérateurs, mort en héros à Marseille en 1944“.

Ahmed Litim, caporal de 24 ans engagé dans un régime de tirailleurs algériens, a été tué par un obus le 25 août 1944 au pied de Notre-Dame-de-la-garde, au cours d’un assaut porté contre les Allemands retranchés dans la basilique.

De cette manière, le nom de Thomas Robert Bugeaud disparaîtra de l’école du 3e arrondissement. Ce maréchal est l’un de principaux acteurs de la conquête algérienne, connu pour avoir écrasé dans le sang les révoltes qui ont eu lieu au XIXe siècle.

Ces noms que l’Histoire veut oublier 

Une pétition a été publiée sur le site change.org en février dernier pour demander le retrait de son nom des bâtiments officiels : “Bugeaud, ce sont les “enfumades” recommandées à ses officiers en des termes très clairs sur le but poursuivi : la destruction physique des « indigènes » […] Bilan : près de 1000 morts”, écrivent Olivier Le Cour Grandmaison, politologue, et M’Hamed Kaki, président de l’association mémorielle Les Oranges.

Un mouvement de remise en cause de certains noms de rues s’est initié en France et dans le monde en 2020. Les pouvoirs publics prêtent de plus en plus l’oreille à ces préoccupations, et au message renvoyé par un nom controversé. Plus de parité, de diversité ou une légitimité historique écornée : les raisons sont multiples. 

Les rues marseillaises sont elles aussi touchées par ce vent de changement, comme la rue Colbert, ou encore la rue Alexis Carell. Plus récemment, c’est l’avenue des Aygalades (15e) qui a changé pour prendre le nom d’Ibrahim Ali, en hommage à ce jeune homme tué par balles en 1995 par un colleur d’affiche du Front national

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