Un portrait d’un jeune homme souriant, quelques bougies, un bouquet de fleurs, posés sur les marches de l’Ecole de la magistrature, Parvis des Droits de l’Homme à Bordeaux. Un modeste autel à la mémoire de ce jeune hondurien retrouvé mort au fond d’un ravin dans la région de Tegucigalpa. Autour d’Emile le frère de Ruben qui vit en France depuis des années, de nombreuses associations de défense des droits humains avaient appelé à ce rassemblements: l’ASTI ( association de soutien des travailleurs immigrés) la LDH 33, (la Ligue des droits de l’homme) la FSU ( Fédération syndicale unitaire), la Cimade ( Comité inter-mouvements auprès des évacués), Amnesty International.
Pierre-Antoine Cazau l’avocat de la victime a rappelé le contexte: le départ du jeune homme du Honduras, plutôt la fuite, âpres avoir reçu des menaces de mort d’un gang et rejoint la France où il a sollicité l’asile. Débouté devant l’OFPRA et devant la CNDA, il avait fait l’objet d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Sans avoir le droit de travailler, sans perspective, il a décidé, fin février, de surmonter sa peur et de retourner au Honduras en espérant pouvoir revenir en France. 10 plus tard on retrouvait son corps sans vie au fond d’un ravin. Un accident pour la police locale, un assassinat pour la famille, sa dépouille en présentait tous les stigmates.
« L’histoire de Ruben n’est pas un fait divers isolé. Elle dit quelque chose de notre système d’accueil des étrangers, de ses limites, des difficultés de la preuve en matière d’asile, et des conséquences humaines désastreuses de la prononciation des OQTF.» précise l’Asti dans un communiqué. Et toutes les organisations présentes qui ont pris la parole a tour de rôle ont martelé qu’au delà du cas tragique de Ruben il y a tous les autres victimes de la dégradation des conditions d’accueil, notamment le projet de porter à 210 jours la durée de la rétention administrative contre 90 jours aujourd’hui. Thibault Saint- Martin, avocat spécialiste en droit des étrangers et de la nationalité, dénonça le fait que dans ce type de situation, les autorités fassent passer l’obligation de la preuve – par exemple les menaces à l’encontre de Ruben- avant le risque, bien réel dans le même cas .
J F Meekel
