Inauguration d’une plaque à la mémoire des victimes tutsis du génocide rwandais
Il a fallu attendre 32 ans pour que la ville de Bordeaux rende enfin un hommage à la mémoire des Tutsi victimes du génocide rwandais, près d’un million de morts sous les coups de machettes des Hutus en ces quelques semaines d’avril. Vendredi dernier, 6 février, la veille donc de la date anniversaire du début du massacre, quelques dizaines de personnes se sont retrouvés sur la rive droite de la Garonne prés du pont de Pierre autour des représentants de la mairie et des responsables d’association de défense des Tutsi (Cauri, Ibuka) pour le dévoilement d’une stèle appelant au devoir de souvenir et la plantation d’un orme. Un évènement d’une grande émotion en particulier lors de l’intervention de l‘auteure rwandaise Beata Umubyeyi Mairesse, elle-même survivante rescapée du massacre, récit qu’elle a confié dans son tout dernier ouvrage Le Convoi qui raconte les circonstances dans lesquelles avec sa mère, elle a pu fuir le petit pays alors que toute sa famille a été massacré. « Je me souviens que c’est juste après mon installation dans cette ville en 2007 que, invitée par Adelaïde Mukantabana, rescapée, présidente de l’association Cauri j’ai participé pour la première fois à la commémoration du génocide à Bordeaux. Nous nous retrouvions sur le pont de Pierre, sans lieu à nous. Avant de rejoindre la mairie dont les portes restaient ostensiblement closes. » (1) (…) « Le 7 avril prochain et tous les 7 avril désormais, nous nous retrouverons ici pour nous souvenir ensemble. Et le reste de l’année, tous les passants et las passantes, les gens bine intentionnés verront cette stèle et peut-être s’interrogeront-ils, peut-être se renseigneront-ils ? peut-être se souviendront-ils ? »
Jean-François Meekel
1 : Faut-il rappeler que le maire de Bordeaux de l’époque se nommait Alain Juppé également ministre des affaires étrangères lors des événements du Rwandais dont on se souvient que le rôle de la France fut particulièrement trouble. Il fallut attendre avril 2021 pour que dans le cadre d’une tribune publié parle quotidien le monde, il reconnaisse que « la France n’avait pas été au rendez-vous de l’histoire »
